Accueil Opinion Cedeao: L’influence des puissances extérieures fissure l’organisation

Cedeao: L’influence des puissances extérieures fissure l’organisation

Les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont annoncé le 28 janvier 2024 dans un communiqué conjoint, leur décision de retirer leur pays « avec effet immédiat » de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Par panorama papers
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Par Éric Boniface Tchouakeu

Les Chefs d’Etat respectifs des trois pays sahéliens, « prenant toutes leurs responsabilités devant l’histoire et répondant aux attentes, préoccupations et aspirations de leurs populations, décident en toute souveraineté du retrait sans délai du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest », dit notamment le communiqué lu sur les antennes des médias d’Etat de ces pays.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui rappellent avoir été à l’origine de la fondation de la Cedeao créée le 28 mai 1975 à Lagos au Nigéria, reproche notamment à l’organisation sous-régionale de 15 Etats membres et qui devrait en avoir bientôt uniquement 12 : son éloignement des idéaux des pères fondateurs et du panafricanisme ; l’influence des puissances étrangères dans sa gestion ; ses menaces contre ses Etats membres et sa non-assistance dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité qui touchent certains de ses membres ; ou encore l’imposition des sanctions jugées illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes, d’après les trois pays.

Le Mali depuis 2020, le Burkina Faso ,2022 et le Niger 2023, sont dirigés par des juntes militaires qui ont renversé des Présidents civils démocratiquement élus, au grand désarroi de la Cedeao qui a pris un certain nombre de sanctions contre les trois pays.
L’organisation sous l’influence de certaines puissances occidentales, n’a jamais cessé de mettre la pression sur les dirigeants militaires des trois Etats, afin de les pousser à réinstaurer des régimes démocratiques chez eux au plus vite.

Cet état de chose a sans doute conduit au rapprochement du Burkina Faso, du Mali et du Niger, confrontés aux mêmes problèmes d’insécurité, de terrorisme et de pauvreté. Pour mieux affronter ces difficultés communes, ils ont annoncé la création le 16 septembre 2023, de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes), qui est un pacte de défense mutuelle.
Ils ont aussi consolidé ou renforcé leur coopération militaire avec la Russie que les pays occidentaux tentent désespérément d’isoler sur la scène internationale, particulièrement depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en février 2022.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont également pris leur distance avec leur ex-puissance coloniale, la France, en faisant partir de leurs territoires ses militaires qui y étaient stationnés, et même ses Ambassadeurs s’agissant du Mali et du Niger pour le dernier cas.
Devant la nouvelle réalité géopolitique, il était devenu difficile, voire quasi impossible pour des Etats « pro-occidentaux » comme la plupart des 12 autres membres de la Cedeao, et des Etats « pro-russes », de continuer à cohabiter dans une même organisation soumise aux fortes influences extérieures dans son fonctionnement quotidien.

On voit donc mal comment un compromis pourrait être trouvé entre la Cedea qui déclare vouloir négocier pour garder ses trois membres qui ont annoncé leur retrait d’un côté, et les dirigeants de ces pays de l’autre côté.
A moins que l’organisation ne s’affranchisse au préalable des influences de certaines puissances extérieures dans son fonctionnement, ce qui n’est pas du tout évident.

En cas d’échec de cette tentative de réconciliation, le Burkina Faso, le Mali et le Niger pourraient dans le futur quitter l’Union Monétaire Ouest Africaine (Umoa) qui regroupe huit (08) pays qui utilisent le Franc Cfa, comme monnaie en Afrique de l’Ouest, et donc cette zone monétaire.
En tout cas, la décision des trois pays de se retirer de la Cedeao, fera au moins retomber les pressions internationales sur leurs dirigeants militaires , relativement à la détermination d’un échéancier raisonnable devant permettre à terme, le retour à l’ordre constitutionnel à la suite de l’organisation des élections démocratiques dans leur Etat respectif.
Dans ce sillage, il convient de relever qu’aujourd’hui, on ignore quand les élections pourront être organisées dans les trois pays.

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