Par Ilyass Chirac Poumie
Lors d’une cérémonie marquant le 25ème anniversaire de la loi reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme des crimes contre l’humanité, Emmanuel Macron a déclaré que les réparations pour les crimes liés à l’esclavage devaient désormais être abordées. Le chef de l’État français a toutefois averti contre les « fausses promesses », affirmant qu’il serait impossible de réparer entièrement les conséquences historiques de l’esclavage.
Le président français a également soutenu l’abrogation symbolique du « Code Noir », un ensemble de décrets royaux des XVIIème et XVIIIème siècles encadrant l’esclavage dans les colonies françaises et qui n’a jamais été officiellement aboli.
Sans préciser si les réparations envisagées incluraient des compensations financières, Emmanuel Macron a mis l’accent sur des initiatives liées à la mémoire, à l’éducation et à la recherche. Il a notamment apporté son soutien à un projet scientifique international lancé par Ghana sur l’héritage de l’esclavage.
Les déclarations du président français interviennent alors que les appels internationaux en faveur de réparations se multiplient. Des organisations de la société civile, des descendants d’esclaves ainsi que plusieurs États africains et caribéens réclament depuis plusieurs années des mesures concrètes destinées à répondre aux conséquences durables de l’héritage colonial et esclavagiste.
En mars dernier, Organisation des Nations unies a adopté une résolution portée par le Ghana qualifiant la traite transatlantique des esclaves de « crime contre l’humanité » et reconnaissant les réparations comme un mécanisme de justice. La France, aux côtés de plusieurs États membres de Union européenne, s’était alors abstenue lors du vote, suscitant des critiques de représentants des territoires français d’outre-mer.
La France figure parmi les principales puissances européennes ayant participé à la traite transatlantique des esclaves entre les XVIIème et XIXème siècles. Le débat sur les réparations liées à l’esclavage et à la colonisation connaît une intensification croissante au sein des organisations internationales, des États africains et des pays des Caraïbes.
