Par Joël Onana
Dans une analyse publiée sur son mur Facebook, elle estime que cette lettre, transmise huit mois après la saisine du ministère, pourrait fournir au ministère public les éléments nécessaires pour rendre ses réquisitions et soutenir les demandes des anciens cadres du parti.
« La curieuse lettre du Minat n’a qu’un objectif : permettre au ministère public d’obtenir les éléments nécessaires pour enfin transmettre sa fameuse réquisition dans le procès Willy Mengue et Laure Noutchang contre le Mrc », écrit-elle.
Angie Forbin s’interroge notamment sur les nombreux renvois de l’affaire et sur l’attitude des plaignants. Elle juge paradoxal que ceux-ci acceptent d’attendre les réquisitions du ministère public, alors qu’ils avaient initialement saisi la justice pour obtenir « en urgence » la désignation d’un mandataire à la tête du Mrc.
Selon elle, cette patience pourrait s’expliquer par la conviction des plaignants que les réquisitions leur seront favorables. Elle questionne également le calendrier de la réponse du Minat, intervenue environ huit mois après la requête de Joseph Thierry Okala Ebodé.
La journaliste redoute désormais que le juge s’appuie sur la position du ministère public pour donner raison à Willy Mengue, Laure Noutchang et leurs soutiens. Elle rappelle que le parquet est placé sous l’autorité du ministère de la Justice, dirigé par Laurent Esso, lui-même membre du gouvernement nommé par Paul Biya.
Angie Forbin va plus loin en soupçonnant une collusion entre le gouvernement et certains anciens responsables du MRC pour affaiblir cette formation politique. « Le gouvernement sait parfaitement ce qu’il fait et se moque du droit comme du bon sens. Un système inique », affirme-t-elle, tout en précisant qu’il ne s’agit que de ses réflexions personnelles et qu’elle souhaiterait avoir tort.
Cette sortie intervient après la correspondance du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, indiquant que son département n’avait pas jugé opportun de prendre acte des travaux de la convention extraordinaire du MRC tenue le 21 décembre 2025. Le document répondait à une requête déposée le 23 décembre 2025 par Joseph Thierry Okala Ebodé, qui contestait le procès-verbal de cette convention.
Le contentieux porte sur le contrôle et la représentation légale du Mrc, dans un contexte de profondes divisions internes. La justice doit notamment se prononcer sur la demande de désignation d’un mandataire chargé d’administrer provisoirement le parti. La position du ministère public est désormais attendue dans une procédure dont l’issue pourrait affecter durablement l’avenir politique et juridique du Mrc.
