Par Zobel A. Mbon
Devant le Directeur Général des Impôts, le Président de la chambre de commerce, de l’industrie, des Mines et de l’Artisanat Christophe Ekeng Ekeng a rappelé que 82% des entreprises citent la fiscalité comme contrainte majeure devant l’accès au financement et l’énergie. Ce qui constitue une menace pour l’emploi et les investissements dans un contexte d’inflation importée et de concurrence étrangère. Sans contester le civisme fiscal, la CCIMA demande que l’impôt devienne un levier de développement et non un frein.Elle dénonce la complexité de la nouvelle plateforme de télédéclaration, les interprétations divergentes des textes, la lourdeur des contrôles vécus comme punitifs et surtout les retards de remboursement des crédits TVA qui plombent la trésorerie des exportateurs et industriels.
Pour structurer son plaidoyer, le Président de la CCIMA a organisé le 24 juin dernier une réunion préparatoire avec le Gecam et d’autres organisations. Cette rencontre a permis d’élaborer une vingtaine de propositions autour de la conformité volontaire, de l’allègement des sanctions pour les primo-infractions, de la trésorerie et des incitations pour l’agriculture, la transformation locale, l’industrie et le numérique. La Chambre souligne que ce dialogue avec la Direction Générale des Impôts porte ses fruits .11 de ses 22 propositions de 2025 ont été prises en compte pour la loi de finances 2026, dont la baisse du précompte sur loyer de 15% à 10% , ainsi que des clarifications sur la retenue à la source de l’Impôt Général sur les Sociétés.
En réponse, le Directeur Général des Impôts Roger Athanase Meyong a reconnu que les 82% interpellent son administration et justifié la mobilisation fiscale par la souveraineté financière l’objectif étant de taxer mieux et plus large plutôt que de taxer plus. Sur la digitalisation, il a admis des blocages mais revendique une hausse de 30% à 87% de télédéclarations entre 2023 et 2026 et une baisse de 40% des contacts physiques, avec une nouvelle version plus stable annoncée pour octobre. Sur la TVA, il a annoncé une réduction du stock d’arriérés de 98 à 41 milliards de frs cfa avec l’objectif de passer sous 20 milliards et un délai de 60 jours en 2027 grâce à un compte séquestre, et a annoncé une nouvelle doctrine de contrôle axée sur l’accompagnement des entreprises de moins de trois ans avec rescrit fiscal gratuit et mise en conformité sans pénalités.
Le Directeur Général des Impôts a exclu une baisse généralisée des taux, estimant qu’un taux stable et prévisible vaut mieux qu’un taux bas illisible, mais s’est engagé à examiner les nouvelles propositions pour 2027 notamment sur les PME et la transformation locale. Pour rendre le dialogue permanent, il a proposé la création d’un comité technique CCIMA-DGI se réunissant chaque trimestre pour recenser les préoccupations et évaluer l’application des mesures, une proposition saluée par le secteur privé qui attend sa concrétisation pour transformer les engagements en réformes tangibles et restaurer la confiance.
