Par Arlette A. Nga
La concertation a réuni la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, ainsi que les autorités administratives et municipales du Mfoundi. Les responsables des entreprises Hysacam et Thychlof, chargées de la collecte des déchets, y ont également participé.
Paul Atanga Nji a demandé aux sous-préfets et aux maires des sept communes d’arrondissement de veiller en permanence à la propreté de la capitale. Selon lui, les difficultés financières ne sauraient justifier l’état actuel de la ville, le maintien de la salubrité constituant une « obligation morale ».
Les autorités administratives et municipales devront désormais effectuer au moins deux descentes d’inspection par semaine. Elles devront identifier les décharges sauvages et les zones où les déchets s’accumulent, superviser les opérations d’enlèvement et améliorer la coordination avec les entreprises de collecte.
Après la réunion, une délégation gouvernementale s’est rendue notamment au carrefour Total Melen et au quartier Nsimeyong-Victor-Hugo pour constater l’ampleur de la crise.
Une dette de 7,7 milliards de francs CFA
Cette nouvelle mobilisation intervient alors que les difficultés de financement demeurent au cœur du problème. D’après les données de la Caisse autonome d’amortissement disponibles en juin 2025, l’État devait 7,7 milliards de francs CFA à Hysacam, principal opérateur de collecte des déchets dans les grandes villes camerounaises.
Ce défaut de paiement affecte la trésorerie de l’entreprise, l’entretien de ses camions, l’achat de carburant et la régularité des rotations. Le budget nécessaire pour assurer un ramassage efficace à Yaoundé avait été estimé à environ 15 milliards de francs CFA par an par la direction de Hysacam.
La situation met également en évidence les limites des menaces adressées aux populations. En janvier, à l’approche de la visite du pape Léon XIV, Paul Atanga Nji avait annoncé des poursuites contre les personnes déposant leurs déchets en dehors des emplacements désignés.
Mais dans de nombreux quartiers, les bacs sont pleins et les points de collecte débordent précisément parce que les ordures ne sont pas enlevées régulièrement. Les habitants finissent alors par déposer leurs déchets autour des bacs ou le long des routes, alimentant des décharges qui obstruent parfois les trottoirs et une partie de la chaussée.
Cette nouvelle réunion gouvernementale place ainsi les sous-préfets et les maires en première ligne, sans toutefois apporter, pour le moment, de réponse précise sur le paiement des sommes dues aux entreprises de collecte, élément essentiel pour résoudre durablement la crise.
