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🇨🇲Cameroun | Démission de Maurice Kamto: Une femme politique dénonce la fragilisation des partis politiques par l’administration

Patricia Tomaino Ndam Njoya demande aux militants du Mrc(Mouvement pour la renaissance du Cameroun) et à ceux de toutes les formations politiques de ne pas laisser les difficultés de la politique camerounaise transformer leur engagement en résignation.

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Par Serge Aimé BIKOI

Dans une déclaration publique faite ce mercredi, suite à la démission de Maurice Kamto de ses fonctions de président national du Mrc, la présidente nationale de l’Udc(Union démocratique du Cameroun) fustige, de fond en comble, le phénomène de la fragilisation des partis politiques par l’administration, qui substitue à la compétition saine des idées et des visions les batailles à armes inégales.

D’emblée, Patricia Tomaino Ndam Njoya constate que nous assistons, depuis longtemps au Cameroun, à une “dégradation préoccupante de la place accordée au politique”. La présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun indique que les partis politiques vivent une clochardisation et sont confrontés à la théorie de la carotte et du bâton, légitimité constamment contestée de leurs responsables tandis que des militants subissent pression, intimidations et découragement. “Lorsque la compétition des idées cède progressivement la place aux batailles inégales, aux controverses permanentes sur la légitimité des acteurs et aux obstacles qui épuisent les organisations au point où dès responsables politiques doivent consacrer davantage d’énergie à défendre leur droit d’exister qu’à défendre leur projet de société, nous ne sommes plus, explique P. Ndam Njoya, dans une compétition politique normale”.

Il ne s’agit plus seulement de l’adversaire que l’on affaiblit . C’est l’engagement politique lui-même que l’on finit par étouffer. Cette femme politique appelle les partis politiques à pouvoir s’affronter, les dirigeants à pouvoir se contredire. Elle exalte la confrontation des projets, des visions et des courants idéologiques. “Un adversaire politique doit être combattu politiquement par les idées, par le bilan, par le programme et, finalement, par les urnes”. Cela s’appelle, énonce Ndam Njoya, “la dignité de la politique”.

Elle illustre le cas de l’Udc qui connaît, depuis plus de 30 ans, le prix de l’engagement politique sur le terrain. Elle fait mention de ce que le parti de feu Adamou Njoya a connu moults pressions, épreuves et tentatives de division qui ont tenté d’éroder et de déstabiliser la technostructure à l’interne. L’édile de la commune de Foumban clame qu’un parti politique n’est pas un ennemi de l’État. Un opposant n’est pas un ennemi de la République. Bien au contraire, contester un régime en place depuis des décennies qui manifeste, à n’en plus finir, des signes alarmants d’essoufflement et de mal gouvernance institutionnelle est un acte de bravoure qui signifie : Aimer le Cameroun.

Le pays d’Achille Mbembe mérite mieux que les petites manœuvres et les pseudos victoires célébrées dans les salons feutrés, où le champagne est sabré pour se réjouir des fourberies ou coups bas illégaux contre la démocratie et la République, contre les Camerounais que l’on voudrait faire passer pour des victoires politiques. “Le Cameroun mérite, ajoute P. Ndam Njoya, que nous fassions de la politique : la vraie, l’authentique pour qu’une vision affronte une autre, qu’un bilan soit confronté à un projet et qu’au terme du processus, le peuple camerounais exerce pleinement son droit de décider”.

“À ceux qui exercent, aujourd’hui, la responsabilité de l’État, P. Ndam Njoya dit que la grandeur du pouvoir ne se mesure pas au silence de ses adversaires, mais à sa capacité d’accepter leur différence. La force d’un Etat démocratique n’est pas d’avoir une opposition affaiblie. C’est de pouvoir affronter une opposition forte sans avoir peur de la démocratie. Aux militants du Mrc et à ceux de toutes les formations politiques, elle dit : ne laissez pas les difficultés de la politique camerounaise transformer votre engagement en résignation!” Au Pr Maurice Kamto comme à Mamadou Mota, P. Ndam Njoya témoigne son respect républicain pour les décisions qu’ils ont estimé devoir prendre. L’histoire appréciera les choix des uns et des autres. In fine, l’Udc veut une République dans laquelle personne n’a besoin de disparaître pour que l’autre puisse exister, où personne n’a besoin de se taire pour préserver les siens et où le pouvoir se conquiert par la confiance du peuple et se perd lorsque cette confiance n’est plus là.

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