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🇨🇲 Cameroun | Affaire Martinez Zogo: Bruno Bidjang confronte l’enquêteur de la gendarmerie aux relevés téléphoniques et aux éléments ayant conduit à son arrestation

Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo connaît une nouvelle séquence au Tribunal militaire de Yaoundé. Poursuivi notamment pour complicité de torture, Bruno Bidjang a longuement interrogé le colonel Jean-Pierre Otoulou, 34e témoin de l’accusation, sur les relevés téléphoniques, les données de géolocalisation et les éléments retenus par les enquêteurs pour justifier son interpellation.

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Par Sandra Embollo

Les audiences criminelles spéciales des 14 et 15 septembre 2026 ont remis au centre des débats les méthodes utilisées par la gendarmerie dans l’enquête sur la mort de Martinez Zogo.

À la reprise de l’audience à 11h20, sous la conduite du nouveau commissaire du gouvernement, le lieutenant-colonel Dr Atemengué Omgba Éric, le tribunal a poursuivi l’audition du colonel Jean-Pierre Otoulou. Son précédent interrogatoire avait été renvoyé afin de permettre aux accusés et à leurs conseils de procéder au débat contradictoire.

Bruno Bidjang a notamment cherché à comprendre pourquoi les enquêteurs n’avaient organisé aucune confrontation directe entre lui et le cyberactiviste connu sous le pseudonyme de « Paul Daizy Biya », alors que leurs échanges auraient figuré parmi les éléments exploités par les enquêteurs.

« Pourquoi avoir choisi de ne pas faire de confrontation entre Paul Daizy Biya et moi, alors que vous avez dit que c’est par rapport à mes échanges avec lui que vous avez envoyé 62 gendarmes m’interpeller ? », a demandé Bruno Bidjang.

Le colonel Otoulou lui a répondu : « Nous avons retenu les indices contre vous. » La défense cherche désormais à déterminer la nature et la portée précises de ces indices. Les débats portent notamment sur les relevés téléphoniques, les communications examinées par les enquêteurs, les données de géolocalisation et les autres éléments matériels versés au dossier.

Bruno Bidjang n’a pas été le seul accusé à interroger l’enquêteur. Le lieutenant-colonel Justin Danwé, Tongué Nana, Godje Oumarou, Saiwang Yves, Heudji Serges et Bakaiwé Simon ont également participé à la cross-examination du témoin.

Après une suspension à 16h33, l’audience a repris à 17h03, avec un examen davantage centré sur les éléments matériels de l’enquête et les charges retenues contre les différents accusés. Martinez Zogo, journaliste et directeur de la radio Amplitude FM, avait été enlevé le 17 janvier 2023 à Yaoundé. Son corps mutilé avait été retrouvé cinq jours plus tard à Ebogo, dans la périphérie de la capitale. Son assassinat avait provoqué une onde de choc au Cameroun et à l’étranger.

L’enquête avait conduit à l’interpellation de plusieurs personnalités et membres des services de sécurité, dont le lieutenant-colonel Justin Danwé et des agents de la Direction générale de la recherche extérieure. L’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga figure également parmi les principaux accusés dans cette procédure.

Le procès doit notamment déterminer le rôle exact attribué à chacun des accusés dans l’enlèvement, la séquestration, les actes de torture et la mort du journaliste.

Concernant Bruno Bidjang, les éléments présentés par l’accusation restent soumis au débat contradictoire. Sa culpabilité ne pourra être établie que par une décision du tribunal à l’issue de la procédure.

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