Par Cynthia Konan Tawa
Addis-Abeba, 5 octobre 2026 (Panorama Papers) – Au moins 17 personnes auraient été tuées dans des frappes aériennes au Tigray, dans la nuit de dimanche à lundi, selon un bulletin humanitaire cité par Reuters. Il recense neuf morts à Adwa et huit à Sheraro, sans identifier les auteurs des attaques. L’agence précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment ces informations.
Ces attaques surviennent après la reprise de Mekelle par les forces fédérales et leurs alliés durant le week-end. Le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) avait annoncé samedi le retrait de ses combattants. Des forces alliées au gouvernement sont entrées dans la ville dimanche, selon un témoin interrogé par Associated Press.
Le bulletin humanitaire fait également état de tirs d’artillerie lundi matin près de Mai Tsebri. Les représentants du gouvernement, de l’armée fédérale et du TPLF n’avaient pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters au moment de la publication.
La reprise des hostilités menace les acquis de l’accord de paix conclu en 2022, après deux années de guerre. L’Union africaine a appelé à la retenue, tandis que les perturbations des communications compliquent la vérification des événements et l’évaluation des besoins humanitaires.
Dès le 23 septembre, l’Union européenne avait exprimé son inquiétude face à la multiplication des opérations militaires dans le nord de l’Éthiopie. Elle avait notamment signalé des frappes de drones et la prise de plusieurs aéroports par les forces du TPLF.
Le conflit comporte aussi un risque régional. Addis-Abeba accuse l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir l’opposition armée, ce que les trois pays démentent. Washington a exhorté samedi l’Éthiopie et l’Érythrée à la retenue. La reprise de Mekelle laisse ainsi entière la question d’une désescalade durable.
