Par Matheo Enrique
Les résultats publiés par le Tribunal supérieur électoral, après le dépouillement de 99,99 % des urnes, placent les deux candidats largement devant leurs concurrents. Aucun n’ayant obtenu la majorité absolue des suffrages valides, les électeurs devront les départager dans trois semaines.
Flávio Bolsonaro réalise une performance supérieure aux prévisions des sondages privés, qui annonçaient une avance d’environ trois points pour Lula. Le scrutin, disputé par douze candidats, a été dominé par les préoccupations liées au coût de la vie, à la corruption et à l’insécurité.
Âgé de 45 ans, avocat et sénateur de Rio de Janeiro, Flávio Bolsonaro brigue pour la première fois la présidence. Candidat du Parti libéral, il porte l’héritage politique de son père, Jair Bolsonaro, tout en cherchant à élargir son électorat.
L’ancien président purge une peine de 27 ans de prison pour avoir comploté un coup d’État après sa défaite face à Lula en 2022. Son fils propose une orientation économique favorable aux marchés, articulée autour de la discipline budgétaire, des privatisations et d’une baisse des impôts. Il s’est également présenté comme une figure plus centriste que son père.
La relation avec Washington constitue un autre enjeu de cette campagne. Flávio Bolsonaro présente Donald Trump comme un allié. Le président américain l’a reçu à la Maison-Blanche et l’a publiquement salué, sans lui apporter de soutien électoral formel, selon Reuters. Lula accuse, pour sa part, l’administration américaine d’utiliser notamment les droits de douane pour intervenir dans les affaires brésiliennes.
Lula, 80 ans, cherche à obtenir un quatrième mandat non consécutif. Président de 2003 à 2010, puis revenu au pouvoir en janvier 2023, il aborde désormais le second tour derrière son adversaire. Le scrutin du 25 octobre opposera ainsi la poursuite de sa présidence au retour du camp Bolsonaro à la tête du pays.
