Par Hugo Fouquet
Les faits se sont produits vers 10 h 30, à proximité de l’établissement où l’adolescent est scolarisé en seconde. Plusieurs centaines de jeunes étaient rassemblés dans le cadre du mouvement lycéen. Selon le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, des projectiles ont été lancés contre les policiers et une compagnie de CRS est intervenue.
L’hypothèse d’une blessure provoquée par une grenade utilisée par les forces de l’ordre est examinée. Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, indique cependant ne pas pouvoir établir à ce stade si l’adolescent a ramassé l’engin ou si celui-ci a été projeté sur lui. Les investigations doivent également identifier le type de grenade en cause.
Le parquet a ouvert une enquête pour violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. L’Inspection générale de la police nationale doit reconstituer la chronologie de l’intervention et déterminer les circonstances exactes de la blessure.
Pris en charge sur place par les secours, l’adolescent a été transféré au CHU de Lille. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été activée pour les élèves et les personnels, tandis que l’association France Victimes 62 doit accompagner le blessé et sa famille.
Le lycée Auguste-Béhal a annoncé le passage à l’enseignement à distance pour assurer la sécurité de la communauté scolaire, ainsi que la mise en place d’un dispositif d’écoute et de soutien.
Cette blessure survient à la veille de la mobilisation nationale du 6 octobre. Partie en septembre de la région parisienne, la contestation porte notamment sur le manque d’enseignants, les classes surchargées et la dégradation des bâtiments scolaires. Le gouvernement recense environ 5 000 interpellations depuis une semaine, majoritairement des mineurs.
Le maintien de l’ordre fait également l’objet d’une contestation syndicale. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a annoncé la présence de militants dans les cortèges de mardi pour protéger le droit des lycéens à manifester. Le gouvernement affirme, de son côté, vouloir rétablir l’ordre tout en distinguant les revendications scolaires des violences commises en marge du mouvement.
