Par Mon’Esse
La junior minière australienne Canyon Resources a annoncé, lundi par voie de communiqué, son retrait de l’objectif de réalisation, au 4ème trimestre de l’année en cours, des premières exportations de bauxite du gisement camerounais de Minim-Martap (Adamaoua).
Cette mesure intervient au lendemain de la suspension des nouveaux tirages sur la facilité bancaire syndiquée de 82 milliards de francs, conclue avec Afg Bank Cameroun et alors que ses premières exportations étaient annoncées au premier semestre 2026.
Dans son communiqué, la filiale camerounaise de Canyon Resources, Camalco indique avoir reçu d’Afg Bank une notification suspendant tout décaissement supplémentaire jusqu’à la réalisation d’une revue complète du calendrier de développement, du modèle financier et des autres paramètres économiques du projet.
Elle précise également, alors qu’elle n’a pas encore arrêté son dispositif de transbordement au port de la métropole économique, Douala, et qu’elle a 15 jours pour transmettre les informations financières demandées, qu’une visite du site doit être effectuée dans un délai de 30 jours pour la satisfaction des prêteurs.
Canyon Resources précise n’être plus en mesure de réaliser la phase 1 de son programme, correspondant à l’achèvement des infrastructures permettant la première expédition de minerai, du fait de la suspension par Afg de toute capacité de tirage supplémentaire.
L’exploitant, qui annonce la réduction de toutes les dépenses non essentielles afin de préserver ses ressources, avait déjà tiré près de 42,1 milliards de francs à fin juillet, sur les 82 milliards prévus du crédit syndiqué.
Au plan logistique, les 7 locomotives déjà acquises pour le projet, sur les 15 prévues et les 60 premiers wagons, sur une commande initiale de 160 unités, sont déjà arrivées au Cameroun.
Ce dispositif devrait permettre, selon l’exploitant, le transport mensuel d’environ 35.000 tonnes de bauxite, soit 420.000 tonnes par an, une capacité ne représentant que 21% de l’objectif de production de 2 millions de tonnes annuels associé à la 2ème phase.
Pour ne rien arranger, l’actionnaire majoritaire du projet, A2MP, émet désormais des réserves sur la viabilité de l’extraction de la bauxite de Minim-Martap en raison de la hausse du fret, des coûts logistiques et de la baisse attendue de la prime applicable.
Ces données, soutient-il, ont dégradé les hypothèses de l’étude de faisabilité, et «le projet pourrait ne plus être viable dans sa configuration actuelle et avec les financements disponibles».
