Home PolitiqueAfrique🇬🇦 Gabon | Affaire Alain-Claude Bilie-By-Nze: Six mois de détention de plus, « faute de temps » du juge

🇬🇦 Gabon | Affaire Alain-Claude Bilie-By-Nze: Six mois de détention de plus, « faute de temps » du juge

Le juge d'instruction a prolongé de six mois la détention préventive de l'ancien Premier ministre, détenu depuis près de six mois à la prison centrale de Libreville pour un litige financier de 5 millions Fcfa remontant à dix-huit ans — au motif qu'il n'a pas eu le temps d'accomplir les actes essentiels de la procédure. Sa défense, qui dénonce une décision « non motivée », a interjeté appel.

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Par Joël Onana

Libreville, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – L’affaire Alain-Claude Bilie-By-Nze s’enlise. Lundi 5 octobre, à l’occasion de la rentrée judiciaire, le juge d’instruction en charge du dossier a ordonné la prolongation de la détention préventive de l’ancien Premier ministre pour une nouvelle période de six mois à la prison centrale de Libreville. La détention initiale arrivait théoriquement à échéance le 16 octobre.

Pour justifier ce maintien sous les verrous, le magistrat s’est contenté d’invoquer le manque de temps pour accomplir les actes de procédure requis. « Le juge d’instruction s’est contenté de dire que durant les six mois qui viennent de s’écouler, il n’a pas posé les actes essentiels de la procédure. Il n’a pas eu le temps pendant six mois, donc un semestre, pour poser les actes », a déploré son avocat, Me Thierry Nguia, qui a annoncé avoir immédiatement interjeté appel de cette décision et d’un rejet de mise en liberté provisoire par la chambre d’accusation le 7 septembre.

La défense s’étonne d’autant plus de ce délai que son client n’aurait pas été entendu une seule fois depuis son incarcération : « Depuis que notre client est là-bas à la maison d’arrêt de Libreville, il n’en est plus jamais sorti pour venir voir le juge », affirme Me Thierry Nguia, qui évoque une ordonnance d’une demi-page et des erreurs matérielles sur les cabinets d’instruction. Les risques de pression sur la victime ou les témoins, invoqués pour justifier le maintien en détention, devraient selon lui être établis par des éléments tangibles du dossier.

Le motif de la détention interroge par sa modestie : une créance de 5 millions Fcfa liée à l’organisation d’un festival culturel national en 2008. La défense soutient que la prescription serait acquise depuis 2011 et dénonce une accumulation d’irrégularités procédurales.

Premier ministre de janvier à août 2023 sous Ali Bongo, écarté par le coup d’État d’août 2023, Alain-Claude Bilie-By-Nze avait ensuite affronté Brice Oligui Nguema à la présidentielle de transition (3,02 % des voix). Un an après une élection présentée comme fondatrice, son 172e jour de détention pose une question qui dépasse son cas : celle de la place que la nouvelle République réserve à ses opposants.

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