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EXCLUSIF > Cameroun | Crise post-électorale: Calixthe Beyala sous menaces directes, une voix critique ciblée

Une voix forte du Cameroun menacée pour ses prises de position politiques. Selon un certain Patrick Mballa, des éléments de la Direction générale de la recherche extérieure, en ont après la romancière pour ses prises de position politiques et son soutien au président Tchiroma. Un climat de répression où toute critique du pouvoir camerounais serait désormais interdite.

by Panorama papers
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Par Ilyass Chirac Poumie

Patrick Mballa, camerounais vivant en Allemagne a pris la tête d’une cabale clairement visible sur son mur Facebook à travers des dizaines de publications manifestement mensongères dont Panorama Papers a pris le soin de vérifier certaines. La dernière la plus en vue avant des promesses d’assassinat est celle selon laquelle le domicile Doualais de Calixthe Beyala serait

“abandonné avec des fleurs fanés et séchées par manque d’entretien. Pas d’électricité, pas d’eau car Mme. Beyala ne paie pas ses factures. Domicile occupé par des dealers et fumeurs de chanvre”

Une équipe de Panorama Papers, pour incarner son slogan, “l’information à bonne source”; a été envoyée chez Mme. Beyala à Maképé. Tout le personnel de maison était présent: deux gardiens, un jardinier, une ménagère et un chauffeur, coiffés par le neveu de la romancière. Tous souriants, et affichant une bonne mine… au sein d’une résidence toute propre; on ne dirait pas que le maître des lieux se trouve à 6.000 Km de là.

Sur sa page Facebook, celui qui se présente comme un journaliste, profère de menaces graves et répétées contre l’écrivaine, qu’il présente comme un acteur central des pressions exercées contre le pouvoir de Yaoundé. À côté de ses menaces M. Mballa, se présente également comme un proches des réseaux de la Direction générale de la recherche extérieure. Selon des sources concordantes, ces menaces prendraient la forme d’avertissements directs, de messages intimidants et de preIssions visant à contraindre Calixthe Beyala au silence.

Ces intimidations s’inscrivent dans un contexte plus large de verrouillage de l’espace public au Cameroun, suite à la crise post électorale. À ce jour, des centaines de Camerounais ont été tués et des milliers d’autres emprisonnés. Récemment, c’est Paul Atanga Nji, le ministre camerounais de l’administration territoriale qui menaçait qu’il

“est interdit de dire que c’est Issa Tchiroma qui a remporté les elections”

Il est devenu tabou, voire dangereux, d’affirmer publiquement qu’Issa Tchiroma a remporté une élection, une position pourtant présentée comme relevant de la liberté d’opinion. Ce simple point de vue politique suffirait aujourd’hui à déclencher des intimidations et des arretations contre des Camerounais. Aujourd’hui Mme Beyala serait devenue la nouvelle cible.

La classe intellectuelle du Cameroun déplore comme la romancière, qu’il soit devenu quasiment interdit de critiquer le pouvoir en place, affirmant que toute voix dissidente est désormais assimilée à une menace contre l’État. Même l’expression d’une opinion politique contraire à la ligne officielle expose à des représailles.

Au sein de l’armée cybernétique du pouvoir de Yaoundé, il est fort probable que Patrick Mballa soit le premier à payer les frais de ces intimidations et menaces de morts / promesses de mort, à l’endroit de Calixthe Beyala, qui

“ne fait qu’exercer son devoir de citoyen vis-a-vis du pouvoir de Yaound.”

Contactée par Panorama Papers, Dame Beyala s’insurge également contre une dimension identitaire dans les attaques dont elle dit faire l’objet. Parce qu’elle serait issue de la tribu béti, d’une part. Certains la qualifie de traitre, au motif que le chef de l’État en exercice appartient lui aussi à cette communauté. Calixthe Beyala rejette fermement cette logique, dénonçant une instrumentalisation ethnique destinée à disqualifier toute critique interne et à imposer une loyauté tribale au pouvoir politique.

Cette combinaison de menaces, de pressions sécuritaires, de censure politique et de stigmatisation ethnique révèle d’une dérive autoritaire profonde, où la peur serait utilisée comme mode de gouvernance.

Selon une source proche du Quai d’Orsay, L’écrivaine Franco – camerounaise aurait déjà alerté toutes les missions diplomatiques de la volonté de Yaoundé de vouloir la faire taire définitivement. On lui reprocherait de trahison contre la tribu béti pour n’avoir pas soutenu Paul Biya, d’avoir affirmé que c’est Tchiroma qui a gagné et de critiquer le gouvernement et le gouvernance Biya.

Calixthe Beyala est une figure publique camerounaise connue pour ses prises de position politiques tranchées. Ses déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes autour de la liberté d’expression au Cameroun, marqué par des accusations récurrentes d’intimidations contre des voix critiques du régime.

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