Par Serge Aimé BIKOI
Il était exactement 10h et 30mn lorsque le président du tribunal a ouvert l’audience, en donnant la parole au Ministère public (Mp) pour ses réquisitions. Le représentant du Ministère public a, en effet, axé ses réquisitions sur la chronologie des événements de l’affaire État du Cameroun contre Me Alice Nkom, coprésidente du conseil d’administration du Redhac (Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale) et Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive de cette organisation internationale de défense des droits humains. Ces réquisitions ont, notamment, porté sur les nombreuses convocations et les multiples notifications des huissiers de justice ayant abouti à la citation directe des deux coaccusées pour “bris des scellés, rébellion et autres”. Au termes des réquisitions, le représentant du Ministère public a présenté au tribunal l’ensemble de ses documents y afférents.
La parole a, par la suite, été donnée à la défense conduite par Me Augustin Nguefack qui, sans entrer dans le fond du dossier, a démonté, document par document, démontrant ainsi leur illégalité et il a, illico presto, demandé au tribunal de déclarer irrecevable la majorité de ces pièces conformément aux dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale(Cpp).
Séance tenante, le président du tribunal, sur la soixantaine des pièces présentées par le Ministère public, a rejeté une cinquantaine parmi lesquelles la copie de notification de l’huissier qui n’a pas été enregistrée aux impôts comme l’exige le Code de procédure pénale.
Le témoin à charge, Kombi Baya, a été appelé à la barre, mais le président du tribunal n’a pas trouvé nécessaire de l’auditionner de nouveau. Pour les deux co-accusées, la juridiction leur a donné le choix de se prononcer ou de ne pas se prononcer. Me A. Nkom et M. Ngo Mbe ont, toutes les deux, décidé de garder mutisme. L’affaire été renvoyée au 2 mars 2026 à la demande du Ministère public à l’effet d’apporter d’autres éléments de preuve contre les coaccusées.
La partie civile( le préfet du Wouri a, une fois de plus, brillé par son absence à la barre).
