Par Joël Onana
Selon les données relayées par plusieurs médias gabonais, le FMI estime que la croissance économique du pays, évaluée à 3,4 % en 2024, demeure insuffisante pour soutenir durablement le développement national. L’institution souligne également qu’en plus de dix ans, la croissance moyenne du Gabon est restée limitée à 1,9 % par an, tandis que le revenu par habitant demeure inférieur de 25 % à son niveau des années 1970.
Le Fmi pointe particulièrement la forte dépendance de l’économie gabonaise aux matières premières, notamment le pétrole, le manganèse et le bois. Entre 2017 et 2024, la part du secteur primaire dans le PIB est passée de 19,6 % à 23 %, exposant davantage le pays aux fluctuations des marchés internationaux.
L’institution de Bretton Woods s’inquiète également du niveau de la dette publique gabonaise, estimée entre 70,5 % et 73,1 % du PIB en 2024, au-dessus du plafond communautaire fixé par la Cemac. Elle critique aussi la faiblesse des dépenses d’investissement, limitées à environ 3 % du PIB, alors que les dépenses courantes, notamment salariales, absorbent plus des deux tiers du budget de l’État.
Le FMI appelle enfin Libreville à renforcer la gouvernance publique, améliorer le climat des affaires, lutter contre la corruption et réformer les entreprises publiques afin de diversifier l’économie nationale. Selon ses projections, une amélioration significative de la gouvernance et de l’environnement réglementaire pourrait permettre au Gabon d’augmenter son PIB de près de 20 % dans les cinq à dix prochaines années.
Une mission technique du FMI conduite par Aliona Cebotari avait séjourné à Libreville du 25 février au 6 mars 2026 afin d’évaluer la situation macroéconomique du Gabon et d’examiner les perspectives d’un éventuel programme d’appui financier avec les autorités gabonaises.
