Par Mon’Esse
La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) a indiqué, par voie de communiqué parvenu mercredi à la rédaction, avoir constaté une «insuffisance des éléments justificatifs requis pour son instruction, notamment en ce qui concerne l’origine des fonds, l’identification des investisseurs, la documentation contractuelle et la consistance financière de l’opération», dans le projet dénommé «Ndolle City» au Cameroun.
Présenté comme le plus ambitieux investissement privé jamais envisagé dans le pays, «Ndolle City» est un projet de ville futuriste, écotouristique et digital, à construire sur 1500ha à Sikoum-Dibamba, en Sanaga Maritime (Littoral).
La Banque centrale avait déjà marqué la même réserve en mai 2025, notifiant aux promoteurs du projet qu’elle ne pouvait donner de suite favorable à leur dossier en l’état.
Elle était allée plus loin en saisissant l’Agence nationale financière (Anif) du fait de «doutes sérieux» pesant sur «Ndolle City», un projet monté par Impex Trading, un groupement vaseux tenu par Junior Abraham Ngosso, et qui a annoncé une tournée internationale visant à mobiliser 90 milliards de dollars US de financements complémentaires.
De son côté, Impex Trading, dans son droit de réponse à la Beac, affirme n’avoir «jamais sollicité de garantie intérieure ou extérieure auprès» de l’Institut d’émission, les 10,7 milliards de dollars brandis pour l’investissement étant appelés à être mobilisés dans le cadre d’un consortium avec des partenaires internationaux crédibles.
Cet investisseur dit également avoir satisfait à toutes les exigences règlementaires et, depuis début 2025, avoir transmis à son contempteur un dossier de 500 pages contenant tous les accords et garanties nécessaires, y compris un accord de garanties financières et un accord de couverture de risques, signé avec un pool de compagnies d’assurances.
Pour Impex Trading, le rôle de la Beac devrait se limiter à «l’encadrement réglementaire».
Mais cette société, selon des sources compétentes, traîne un lourd passif, son nom ayant été associé, en 2016, à Comeci, un établissement de microfinance qui a fait faillite après avoir appâté des dizaines de potentiels épargnants de garanties et partenariats avec des groupes financiers sérieux.
Sans compter que, selon la rumeur, Junior Abram Ngosso est, en 2012, l’auteur d’un foireux projet de méga-concert international géant au Cameroun, dénoncé en son temps par plusieurs artistes annoncés et qui n’avaient pas donné leur accord de participation.
Mais Impex Trading est aussi mis à l’index par le journal camerounais EcoMatin, qui rappelle que le coût du projet «Ndolle City» excède, de plus de 1000 milliards, le budget annuel du Cameroun.
Cette publication y soupçonne aussi des intentions de blanchiment de capitaux, de détournement de titres financiers et de tentative d’escroquerie.
Le projet «Ndolle City» et son promoteur, apprend-on encore, sont pourtant soutenus par plusieurs pontes du régime de Yaoundé.
