Par Ilyass Chirac Poumie
Le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour demander l’annulation du décret signé par Paul Biya prorogeant le mandat des conseillers municipaux des 360 communes du pays jusqu’au 28 février 2027.
Selon les documents transmis par le parti, la requête, constituée d’un dossier d’une trentaine de pages, a été acheminée au Conseil constitutionnel par l’intermédiaire de l’avocat du MRC, Me Meli. Une copie a également été adressée à la Présidence de la République.
Dans son recours, Maurice Kamto soutient que le mandat des conseillers municipaux est arrivé à son terme et estime que sa prorogation contrevient aux dispositions du Code électoral. L’opposant demande ainsi au Conseil constitutionnel de constater l’irrégularité du décret présidentiel et d’en tirer les conséquences juridiques.
Le leader du Mrc sollicite également l’intervention de la haute juridiction afin qu’elle amène le président de la République à convoquer le corps électoral pour l’organisation des prochaines élections municipales.
Cette démarche ouvre un nouveau front institutionnel entre le principal parti d’opposition et le pouvoir, dans un contexte marqué par les débats autour du calendrier électoral et des différentes prorogations de mandats accordées ces dernières années aux exécutifs locaux.
Le 13 mai 2026, le président Paul Biya a signé un décret prorogeant une nouvelle fois le mandat des conseillers municipaux camerounais jusqu’au 28 février 2027. Cette mesure avait été justifiée par les autorités au nom des nécessités liées au calendrier électoral national. Le Mrc conteste la légalité de cette prorogation et réclame la tenue des élections municipales dans les délais prévus par la loi.
