Par Ilyass Chirac Poumie
Le gouvernement camerounais est monté au créneau pour défendre la crédibilité de son registre maritime à la suite d’informations relayées par l’agence Reuters et plusieurs médias internationaux au sujet du navire Smyrtos (IMO 9389100), présenté comme naviguant sous pavillon camerounais.
Dans un communiqué signé par le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Bibéhé, agissant en qualité d’Autorité maritime nationale, les autorités précisent que le bâtiment avait été officiellement radié du registre international camerounais le 26 mai 2026.
Selon le document, cette radiation est intervenue dans le cadre d’une vaste opération d’assainissement et de sécurisation du pavillon camerounais. Elle a été matérialisée par le Certificat de Radiation n°19/2026/CR/MINT/DRTOS/CMSO/LP, délivré le même jour par la Circonscription maritime du Sud-Ouest à Limbé.
Le ministère rappelle également qu’un communiqué radio-presse n°064/CRP/MINT/SG/DAMVN/CC/CEA1 du 29 mai 2026 avait déjà rendu publique la liste des navires radiés et dénoncés, sur laquelle figurait le Smyrtos.
« Au moment des faits récemment rapportés dans les médias internationaux, le navire Smyrtos ne bénéficiait plus du droit de battre pavillon camerounais et ne relevait plus de la juridiction maritime du Cameroun », souligne le communiqué.
Par conséquent, Yaoundé estime que la République du Cameroun « ne saurait être tenue pour responsable » d’éventuelles activités illicites attribuées à ce navire, évoquant l’utilisation de « documents et déclarations frauduleux ».
Le ministre des Transports indique par ailleurs avoir engagé des démarches officielles auprès du gouvernement du Royaume-Uni, de la Maritime and Coastguard Agency (MCA), des autorités britanniques ayant procédé à l’interception du navire ainsi qu’auprès de Reuters, afin que « la situation juridique réelle du navire soit dûment prise en compte » et que les informations publiées soient rectifiées à la lumière des documents émis par l’administration maritime camerounaise.
Tout en réaffirmant la coopération du Cameroun avec ses partenaires internationaux et les organisations maritimes compétentes, le gouvernement assure poursuivre les réformes engagées dans le secteur. Celles-ci portent notamment sur le renforcement des mécanismes de contrôle des navires immatriculés, la lutte contre les immatriculations irrégulières, la préservation de la réputation du pavillon camerounais et le respect des obligations internationales en matière de sécurité et de sûreté maritimes.
Le ministère des Transports appelle enfin les médias ainsi que l’opinion publique nationale et internationale à faire preuve de responsabilité dans le traitement des informations relatives au pavillon camerounais et à se référer exclusivement aux communications officielles des autorités compétentes.
Reuters avait rapporté que le navire Smyrtos, présenté comme battant pavillon camerounais, figurait parmi les bâtiments impliqués dans une affaire ayant conduit à son interception par les autorités britanniques. Le Cameroun soutient toutefois que le navire ne relevait déjà plus de sa juridiction au moment des faits dénoncés.

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