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Cameroun | Mort du Tik Tokeur qui avait déchiré les portraits de Paul Biya

Abdaoul Al Islam est décédé un mois après sa libération de prison. Sa famille soupçonne un "empoisonnement d'État".

by world top news
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Par Georges Parfait Owoundi

L’affaire qui avait secoué l’opinion publique camerounaise à la veille du scrutin présidentiel d’octobre 2025 connaît un dénouement tragique. Le cyberactiviste, Abdoul Al Islam, célèbre pour son acte de défi ultra-médiatisé contre le pouvoir en place, est décédé ce mercredi 17 juin 2026 à l’hôpital de la Cité Verte à Yaoundé. Cette disparition survient moins d’un mois après sa remise en liberté surprise, plongeant sa famille dans le deuil et ouvrant la voie à une vive polémique nationale quant aux conditions de sa détention. Les faits remontent à la fin de l’année 2025, dans un contexte politique sous haute tension marqué par l’élection présidentielle. Abdoul Al Islam avait publié, sur le réseau social TikTok, une vidéo dans laquelle il s’attaquait frontalement aux symboles du régime, déchirant des portraits officiels et profanant les effigies du président sortant, Paul Biya. Dans un pays où la figure du chef de l’État reste protégée par des lois strictes sur l’outrage, les images étaient immédiatement devenues virales, provoquant une onde de choc sur les réseaux sociaux. La réaction de l’appareil sécuritaire camerounais ne s’était pas faite attendre.

Recherché activement par les forces de l’ordre, le jeune Tiktokeur avait été appréhendé à Yaoundé peu de temps après la diffusion de sa vidéo. À la suite de son arrestation, il avait été placé sous mandat de dépôt et transféré à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, un établissement pénitencier de haute sécurité connu pour accueillir les détenus politiques et les figures de l’opposition. Il y était incarcéré depuis lors, en attente de son jugement pour “outrage au chef de l’État” et “trouble à l’ordre public”. Le mois dernier, en mai 2026, coup de théâtre : le web-activiste avait été officiellement élargi et avait quitté la prison de Kondengui à la surprise générale. Alors que ses soutiens célébraient cette libération inattendue, la réalité de son état de santé s’est rapidement imposée à ses proches. Les semaines qui ont suivi sa sortie de cellule ont été marquées par une dégradation physique fulgurante, menant à son admission en urgence absolue au sein de la formation sanitaire de la Cité Verte, où les médecins n’ont pu que constater son décès ce mercredi.

Aussitôt la nouvelle de sa mort confirmée, la détresse a laissé place à la révolte chez les proches du défunt. Les sources familiales rejettent catégoriquement la thèse d’une mort naturelle et pointent directement du doigt l’administration pénitentiaire. Selon l’entourage d’Abdoul Al Islam, ce dernier aurait été victime d’un empoisonnement criminel orchestré à l’intérieur même des geôles camerounaises avant sa libération. La famille soutient que l’activiste a été délibérément relâché alors qu’il était déjà condamné par les effets d’une substance toxique qui lui aurait été administrée durant sa captivité. Face à ces accusations d’une extrême gravité, le gouvernement camerounais, les autorités judiciaires et la direction de la prison de Kondengui gardent, pour le moment, un silence complet. Aucune autopsie officielle n’a encore été annoncée pour déterminer les causes exactes du décès, tandis que l’émotion et l’indignation continuent de grandir au sein de l’opinion et des organisations de défense des droits humains au Cameroun.

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