Par Georges Parfait Owoundi
Selon le gouvernement, le secteur électrique est en butte à un déficit financier, structurel qui limite sa capacité d’investissement et affecte durablement la qualité de la fourniture en énergie. À cette difficulté, s’ajoutent d’importantes pertes techniques sur les réseaux de transport et de distribution, ainsi que des pertes commerciales liées notamment aux impayés et aux irrégularités dans la consommation de l’électricité. Les autorités pointent également du doigt les difficultés de recouvrement des factures auprès de certaines administrations publiques, ainsi que l’insuffisance des investissements réalisés ces dernières années pour moderniser les infrastructures.
À cause de cet état de choses, l’on a assisté à la dégradation progressive des réseaux et à la multiplication des interruptions de service observées dans plusieurs villes du pays. Le gouvernement note, par ailleurs, l’ampleur de la fraude dans le secteur. “En trois semaines, près de 3 000 cas de raccordements illégaux et de vols d’électricité ont été recensés à Yaoundé et Douala”, indique-t-il. Ces pratiques entraînent des pertes financières importantes et fragilisent davantage l’équilibre du système électrique national. Autre facteur mis en avant : la vétusté d’une partie des équipements de distribution. Plusieurs infrastructures requièrent aujourd’hui un remplacement ou une modernisation. Question de réduire les pannes régulières et d’améliorer la stabilité de l’alimentation électrique.
Eu égard à cette situation, le gouvernement appréhende la création de la Socadel comme une entreprise qui devrait permettre “d’engager des réformes destinées à assainir les finances du secteur, renforcer la lutte contre la fraude, améliorer le recouvrement des recettes et moderniser les réseaux afin de réduire progressivement les délestages qui affectent les ménages et les entreprises”.
En rappel, La Société camerounaise d’électricité (Socadel) a été créée officiellement le 4 mai 2026 par un décret du président Paul Biya, marquant la nationalisation et le remplacement de l’ancien opérateur historique Eneo Cameroon. C’est une entreprise à capital public. L’État du Cameroun en est l’actionnaire unique après avoir racheté la totalité des parts qui étaient encore détenues par le fonds britannique Actis. Son siège social est situé à Douala. Son capital social est établi Établi à 43,9 milliards de Fcfa. Objectif : Cette restructuration vise à reprendre en main le secteur de l’électricité, à moderniser les infrastructures et à améliorer la qualité de l’approvisionnement pour les ménages et les industries.

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