Par Olivia Lemot
Une importante délégation iranienne a atterri en Suisse ce samedi en vue de pourparlers décisifs avec les États-Unis, alors que le vice-président américain, JD Vance, a quitté Washington pour rejoindre les discussions qui doivent officiellement s’ouvrir dimanche.
Ces négociations interviennent dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu de 60 jours conclu entre Washington et Téhéran afin de créer les conditions d’un règlement politique à la guerre qui oppose les deux pays depuis près de quatre mois. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur dans cette crise, espère parvenir à un accord intérimaire susceptible de mettre un terme aux hostilités.
Cependant, l’ouverture des discussions est déjà assombrie par une nouvelle escalade. Les Corps des gardiens de la révolution islamique ont annoncé samedi la fermeture du détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde, par lequel transite près d’un cinquième du commerce mondial de pétrole.
Cette décision pourrait sérieusement compliquer les négociations. Les États-Unis et plusieurs puissances occidentales considèrent la libre circulation dans le détroit comme une ligne rouge en raison de son importance pour la sécurité énergétique mondiale. Une fermeture prolongée risquerait de provoquer une flambée des prix du pétrole et de perturber les marchés internationaux.
Les discussions de Genève s’annoncent ainsi particulièrement délicates. Selon plusieurs observateurs diplomatiques, les deux parties chercheront avant tout à consolider le cessez-le-feu et à jeter les bases d’un accord plus large portant sur les questions sécuritaires, le programme nucléaire iranien, les sanctions économiques et la navigation dans le Golfe.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’est intensifié ces derniers mois à la suite d’affrontements militaires directs et d’attaques réciproques ayant fait des centaines de victimes et perturbé le commerce maritime dans le Golfe. Sous la médiation du Pakistan, Washington et Téhéran ont récemment accepté un cessez-le-feu de 60 jours afin de permettre l’ouverture de négociations de paix. La question du détroit d’Ormuz demeure toutefois l’un des principaux points de friction entre les deux adversaires.
