Par Hajer Elina
La pasteure Crescence Baboke est sortie de son silence pour répondre aux nombreuses accusations relayées ces derniers mois contre son époux, Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la Présidence de la République, ainsi que contre leur famille.
Dans un message publié sur les médias sociaux, elle dénonce ce qu’elle présente comme une campagne de dénigrement orchestrée par « deux ou trois individus » qu’elle accuse de chercher à « détruire des réputations pour quelques pièces d’argent », en référence au personnage biblique de Judas.
L’épouse du haut responsable de la Présidence rejette notamment les accusations de détournement de plusieurs milliards de francs Cfa prétendument liés à l’importation de produits pétroliers. Selon elle, ces allégations reposent sur une méconnaissance du fonctionnement du secteur des hydrocarbures et ne sont étayées par aucun élément concret.
Elle conteste également les accusations de trafic d’or, de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite. Évoquant les rumeurs faisant état de propriétés immobilières à l’étranger, notamment à Dubaï, elle affirme qu’aucune preuve n’a jamais été produite pour étayer ces affirmations et met publiquement ses détracteurs au défi de présenter des actes de propriété ou tout autre document susceptible de les corroborer.
Concernant les biens qui lui sont attribués au Cameroun, notamment un restaurant et des stations-service, Crescence Baboke soutient que leurs véritables propriétaires ont déjà produit les titres fonciers et les contrats de location démontrant, selon elle, que ces infrastructures ne lui appartiennent pas.
La pasteure revendique par ailleurs son statut d’entrepreneure, affirmant que son patrimoine résulte exclusivement de ses activités professionnelles. Elle souligne employer plusieurs centaines de personnes, s’acquitter de ses obligations fiscales et rembourser d’importants crédits bancaires, estimant qu’il n’y a rien d’anormal à posséder des biens acquis grâce à son travail.
Concluant son message sur un registre religieux, elle affirme faire confiance à Dieu pour la protéger face aux attaques dont elle dit être victime et annonce poursuivre ses activités malgré les polémiques.
Cette prise de parole intervient alors que le magazine Jeune Afrique a rapporté que son époux, Oswald Baboke, avait été entendu par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (TCS) dans le cadre de deux enquêtes distinctes portant notamment sur l’affaire du faux décret présidentiel déposé à la Crtv et sur les exportations controversées d’or. À ce jour, aucune autorité judiciaire camerounaise n’a officiellement confirmé ces informations.
Depuis plusieurs mois, le nom d’Oswald Baboke revient régulièrement dans les débats publics alimentés par des publications sur les médias sociaux et par certaines enquêtes de presse portant sur de supposées malversations financières, des exportations d’or et l’affaire du faux décret présidentiel. L’intéressé et son entourage ont toujours rejeté ces accusations. À ce stade, aucune décision de justice n’a établi leur responsabilité dans ces différents dossiers et les enquêtes évoquées suivent leur cours.
