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Cameroun | Kienké: La Socapalm met en avant son dispositif écologique face aux accusations de pollution

Accusée par certaines populations riveraines de contribuer à la pollution dans la localité de Kienké, dans le département de l’Océan, la Socapalm choisit de répondre par la pédagogie et la transparence.

by world top news
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Par Zobel A Mbon

Au cœur de son dispositif environnemental : un système de lagunage structuré, des contrôles réguliers, des analyses internes et externes, ainsi qu’un suivi de la biodiversité et des eaux souterraines. Pour mieux comprendre ce mécanisme, Panoramapapers est allé à la rencontre de Julienne Mbvoula, Correspondante Environnement et Développement Durable du site de Kienké.

Face aux accusations de pollution formulées par certaines communautés riveraines, la Socapalm Kienké entend apporter des clarifications techniques sur son dispositif de gestion environnementale. Sur le site, l’entreprise affirme avoir mis en place un système de traitement des effluents destiné à garantir la conformité de ses activités aux exigences environnementales, notamment dans le cadre des certifications ISO 14001 et RSPO.

Entretien avec Julienne Mbvoula, Correspondante Environnement et Développement Durable

D’entrée de jeu, Julienne Mbvoula situe le cadre de sa mission.
« Je suis chargée de maintenir nos certifications ISO 14001 pour la protection de l’environnement et RSPO pour la production d’huile de palme durable. »

Sur le terrain, cette responsabilité se traduit par un travail permanent d’identification, de prévention et de suivi des risques.

« J’identifie tous les risques sanitaires, sécuritaires et environnementaux de l’usine. Avec les chefs de départements, nous mettons en place des plans d’action pour les prévenir.

À cette mission technique s’ajoute un volet social, considéré comme essentiel dans les relations entre l’entreprise et son environnement immédiat.

« Nous organisons aussi des rencontres régulières avec les communautés riveraines pour garder un climat social sain autour de l’entreprise.»

Un parcours de traitement en plusieurs étapes

Pour expliquer le fonctionnement du dispositif, Julienne Mbvoula commence par préciser ce qu’est un effluent.

« Un effluent, c’est ce qui sort de l’usine. C’est ce qui n’est plus exploitable. »

À Kienké, ces eaux issues de l’activité industrielle ne seraient pas rejetées directement dans la nature. Elles suivent, selon la responsable environnement, un circuit de traitement progressif.

La première étape est celle du florentin

« Le florentin, c’est une filtration qui permet de récupérer les éléments d’huile encore utilisables et de les renvoyer à l’usine. »

Après cette première récupération, les effluents passent par cinq bassins de lagunage. Chacun de ces bassins joue un rôle spécifique dans le processus de traitement.

« Le premier est un bassin de refroidissement, car les effluents sortent généralement chauds. Les bassins 2 et 3 sont anaérobies : la décomposition se fait sans air. Les bassins 4 et 5 sont aérobies. Là, la nature se manifeste déjà. Les oiseaux peuvent se poser sur ces deux bassins. »

Depuis 2024-2025, un dispositif complémentaire a été ajouté à la chaîne de traitement : les chicanes. Leur rôle est d’améliorer davantage la qualité des effluents avant leur rejet final.
« Nous avons mis en place des chicanes après le bassin 5 pour améliorer les paramètres à la sortie. Le bassin 5 est la dernière étape. Les effluents y restent un temps pour finir de dégrader les matières que nous voulons éliminer avant rejet vers le domaine public. »

Analyses, piézométrie et biodiversité : un suivi à plusieurs niveaux

Pour la Socapalm, la crédibilité du dispositif repose sur la régularité des contrôles. Julienne Mbvoula met en avant trois niveaux de suivi : les analyses internes, les contrôles externes et la surveillance du milieu naturel.

« Nous faisons des analyses en interne chaque semaine. Notre laboratoire mesure la température, le pH, la DCO, c’est-à-dire la demande chimique en oxygène, et la DBO5, la demande biologique en oxygène, à chaque bassin, selon la loi. »

À ces contrôles internes s’ajoutent des analyses réalisées par un cabinet agréé.

« Nous avons aussi des analyses externes trimestrielles par un cabinet agréé, à la sortie du bassin 5 et dans le milieu naturel. »

L’entreprise affirme également suivre l’état des eaux souterraines grâce à la piézométrie.

« Grâce à la piézométrie, nous mesurons la profondeur de la nappe phréatique la plus proche et nous prélevons ces eaux pour nous assurer que nous ne polluons pas les eaux souterraines. »

Le suivi environnemental concerne aussi la biodiversité autour des lagunes.

« Un cabinet externe vérifie les espèces autour des lagunes. On regarde si les poissons de l’année N-2 sont toujours présents en N. On analyse aussi les activités humaines pour ne pas nous attribuer des impacts qui ne sont pas les nôtres. »

Une entreprise qui revendique sa responsabilité environnementale

Pour Julienne Mbvoula, le système de lagunage de Kienké s’inscrit directement dans les exigences de la certification RSPO, qui impose une meilleure protection des ressources naturelles.

« Le système de lagunage répond à l’exigence RSPO de protéger l’eau, l’air et le sol. Tous nos résultats sont transmis à la Délégation de l’Eau et de l’Énergie. Elle fait le suivi avec nous par des inspections conjointes. »

Interpellée sur l’image de « gros pollueur » parfois attribuée à la Socapalm, la Correspondante Environnement et Développement Durable rejette cette accusation et insiste sur les mécanismes internes de conformité.

« La Socapalm est une entreprise sérieuse et responsable. Nous suivons les lois grâce à une veille réglementaire assurée par le Directeur des Plantations, les correspondants HSE et les chefs de service. La loi-cadre nous interdit de polluer. »

Selon elle, l’entreprise ne se limite pas aux déclarations d’intention. Elle affirme disposer de plans d’action et de mécanismes de reporting auprès des communautés et des administrations compétentes.

« Nos plans d’action suivent la qualité de l’eau, de l’air et du sol. Les résultats sont partagés avec les communautés chaque semestre. Les ministères de l’Environnement, de l’Eau, des Mines et du Travail viennent vérifier notre conformité. La Socapalm fait dans le développement durable et assure la protection de l’environnement. »

Au terme de cet échange, la Socapalm Kienké veut faire valoir une approche fondée sur la transparence technique, le contrôle régulier et le dialogue avec les riverains. Entre bassins de lagunage, analyses croisées, suivi de la nappe phréatique, surveillance de la biodiversité et inspections administratives, l’entreprise entend démontrer que la gestion environnementale occupe une place centrale dans son fonctionnement.

Dans un contexte où les attentes des communautés sont de plus en plus fortes en matière de responsabilité écologique, la Socapalm présente son dispositif comme une réponse structurée aux préoccupations locales.

À Kienké, comme dans l’ensemble de ses plantations , l’entreprise mise ainsi sur la preuve par le terrain, les données de contrôle et le dialogue pour préserver sa crédibilité et renforcer la confiance avec les populations riveraines.

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Jackson338
Jackson338
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