Par Ilyass Chirac Poumie
Cette interdiction intervient dans un contexte marqué par les divergences de plus en plus visibles entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Il s’agit de la première mesure administrative visant une activité du PASTEF depuis que les désaccords entre les deux principaux dirigeants de l’exécutif ont éclaté au grand jour.
Les responsables du parti dénoncent une décision à caractère politique. Ils estiment que cette interdiction ne repose pas uniquement sur des considérations sécuritaires, mais qu’elle répond à une « commande politique » destinée à freiner les activités de leur formation.
Pour plusieurs observateurs, cette séquence illustre une dégradation du climat politique. Alors qu’Ousmane Sonko multiplie ces dernières semaines les critiques à l’égard de la présidence, l’annulation de cette manifestation alimente les spéculations sur une rupture désormais assumée entre les deux anciens alliés, qui avaient pourtant conduit ensemble l’alternance politique de 2024.
Si les autorités invoquent des impératifs de maintien de l’ordre, cette décision relance le débat sur l’évolution des rapports entre les deux têtes de l’exécutif. Elle soulève également une interrogation plus large : le PASTEF est-il en train de retrouver une posture de confrontation politique, malgré sa position au sommet de l’État ?
En l’absence de réaction officielle de la présidence sur cette affaire, l’interdiction du rassemblement de Tivaouane apparaît comme un nouvel épisode d’une crise politique qui ne se limite plus aux déclarations publiques, mais commence désormais à produire des effets concrets sur le terrain.
