Par Ilyass Chirac Poumie
Le chef de l’État, âgé de 93 ans, a quitté le Cameroun le 7 juin pour ce que le Cabinet civil avait présenté comme un « bref séjour privé en Europe ». Quarante-cinq jours plus tard, aucune date de retour n’a été communiquée par les autorités, faisant de ce déplacement l’un des plus longs séjours du président hors du pays.
La réunion a été convoquée par Jean Nkuete, secrétaire général du Comité central du Rdpc. Dans l’annonce initiale, le parti avait simplement évoqué une « importante séance de travail », sans établir de lien direct avec l’absence du président. Les travaux ont finalement été consacrés à la préparation des prochaines élections législatives et municipales et à la nécessité d’assurer une large victoire du parti au pouvoir.
Cette rencontre intervient néanmoins dans un contexte politique dominé par les questions sur la santé, la localisation et la capacité du président à continuer de gouverner depuis l’étranger. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, effectue régulièrement de longs séjours en Europe, notamment en Suisse. Mais son âge avancé renforce désormais les spéculations à chaque absence prolongée.
L’Union démocratique du Cameroun a demandé aux autorités de fournir des éclaircissements sur la continuité effective de l’État. Le député d’opposition Jean-Michel Nintcheu a, pour sa part, réclamé que le Conseil constitutionnel constate la vacance de la présidence de la République.
Le gouvernement a jusqu’ici rejeté les informations faisant état d’une hospitalisation du chef de l’État et soutient que Paul Biya continue de diriger le pays depuis l’étranger, en examinant les dossiers et en donnant ses instructions à ses collaborateurs.
En avril 2026, le Parlement camerounais a réintroduit la fonction de vice-président de la République, appelé à devenir le premier dans l’ordre de succession présidentielle. Ce poste demeure toutefois vacant, ce qui nourrit davantage le débat sur les mécanismes de continuité de l’État en cas d’indisponibilité du chef de l’État.
