Par Ilyass Chirac
Détenu depuis plusieurs mois à la prison centrale de New Bell à Douala, André Blaise Essama verrait son état de santé se dégrader progressivement. Selon des informations relayées par plusieurs médias et organisations, le militant souffrirait d’une forme grave de diabète ayant entraîné une infection chronique, tandis que des appels à son évacuation vers une structure hospitalière adaptée se multiplient.
Des vidéos largement partagées sur les médias sociaux montrent l’activiste dans un état de grande faiblesse physique. Ses soutiens estiment qu’un maintien en détention sans soins spécialisés pourrait mettre sa vie en danger et réclament sa libération ou, à tout le moins, une prise en charge médicale urgente.
L’affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible, quelques mois après la polémique ayant entouré le décès de l’opposant Anicet Ekane. Dans ce dossier, les proches de ce dernier avaient accusé les autorités d’avoir confisqué son matériel respiratoire, notamment son extracteur d’oxygène, des accusations rejetées par le gouvernement, qui avait soutenu que l’opposant bénéficiait d’une prise en charge médicale appropriée avant d’annoncer l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de son décès.
Figure connue du militantisme camerounais, André Blaise Essama s’est illustré au fil des années par ses actions contre les symboles de la colonisation française, notamment les statues de personnalités coloniales. Arrêté à de nombreuses reprises, il est devenu l’un des visages les plus médiatisés du militantisme contestataire au Cameroun.
