Par Oumou Fatoumata Diallo
Lors de l’assemblée constitutive, Bassirou Diomaye Faye a présenté KIIRAAY comme une « maison commune » destinée à rassembler les Sénégalais autour des valeurs républicaines et à accompagner les réformes engagées depuis son accession à la présidence. Sans citer directement Ousmane Sonko, plusieurs observateurs estiment que certains passages de son discours, insistant sur la primauté de l’État, de la République et de l’intérêt national, visaient implicitement son ancien compagnon de route.
Le lancement de KIIRAAY intervient après plusieurs mois de tensions entre les deux hommes. Leur alliance, forgée avant l’élection présidentielle de 2024, s’était progressivement fissurée sur fond de divergences concernant la gouvernance, la gestion de la crise de la dette et les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre avait définitivement consacré cette rupture.
Si Bassirou Diomaye Faye dispose désormais de son propre parti, Ousmane Sonko conserve un important levier politique. Le PASTEF demeure en effet la principale force de l’Assemblée nationale, où il contrôle actuellement 130 des 165 sièges. Cette nouvelle configuration ouvre une période de cohabitation politique inédite au sommet de l’État et pourrait profondément redessiner les équilibres en vue des élections locales de 2027, puis de la présidentielle de 2029.
