Par Ilyass Chirac Poumie
Selon plusieurs sources citées par Reuters, aucun arbitrage définitif n’a encore été rendu, mais la candidature d’Aurélien Lechevallier, proche conseiller diplomatique du président français, est désormais examinée avec réticence par l’administration de Donald Trump. Deux des sources indiquent que des responsables américains ont été vivement irrités par une récente prise de position de la mission française auprès des Nations unies à Genève, tandis que d’autres responsables tenteraient d’éviter une nouvelle dégradation des relations bilatérales.
À l’origine de cette crise figure un message publié par la représentation française à Genève après le vote de l’Assemblée générale de l’ONU sur le renouvellement du mandat du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk. Paris avait critiqué le choix de Washington de voter contre cette reconduction, estimant que les États-Unis se retrouvaient isolés aux côtés de pays comme la Russie et la Corée du Nord sur cette question. Ces déclarations ont provoqué la colère de plusieurs hauts responsables américains.
Le département d’État américain a confirmé son mécontentement, dénonçant des propos « irresponsables et irrespectueux » de la part de la France, sans préciser si un refus d’agrément serait effectivement décidé. Une telle mesure constituerait un geste diplomatique exceptionnel entre deux alliés historiques et risquerait d’aggraver des relations déjà fragilisées par des différends sur les droits de douane, la guerre avec l’Iran et les accusations américaines d’ingérence française dans certains débats politiques.
Aurélien Lechevallier devait prendre ses fonctions à Washington à la rentrée de septembre. En droit diplomatique, un État d’accueil peut refuser l’agrément d’un ambassadeur étranger sans être tenu d’en expliquer les motifs, mais une telle décision demeure extrêmement rare entre partenaires occidentaux.
