Par Serge Aimé BIKOI
La cérémonie de dédicace de cet ouvrage s’est tenue, ce mercredi, à la Librairie des Peuples Noirs, au centre-ville de Yaoundé. Placé sous la direction scientifique de ce spécialiste du droit international, ce document scientifique réunit des contributions de plusieurs juristes et universitaires autour des thématiques liées à ce giron de compétence et à sa contestation par le continent noir. Il rend, dans la même veine, hommage au parcours de Maurice Kamto, juriste de renommée internationale, dont la carrière universitaire et professionnelle a marqué cette discipline scientifique.
Figure de proue du droit international, Maurice Kamto voit ainsi sa trajectoire académique célébrée par ses cadets universitaires. Alain Guy Sipowo, directeur scientifique de cet ouvrage collectif, note que l’œuvre de M. Kamto rassemble plusieurs héritages dans une seule trajectoire, où il maîtrise la dextérité et la doctrine générale, la codification internationale, le contentieux dans le règlement des problèmes interétatiques, la participation aux sociétés savantes et la formation de plusieurs générations d’Internationalistes. “En ce sens, M..Kamto est moins un commencement qu’un moment de synthèse et de cristallisation, celui où les différentes traditions camerounaises du droit international se rejoignent dans une pratique et un règlement scientifique d’envergure mondiale”, explique A.G. Sipowo.
Le directeur scientifique de l’ouvrage collectif l’Afrique face à la contestation du droit international ajoute que l’œuvre de ce maître ne se laisse pas enfermer dans une spécialité du droit international. Elle s’étend, entre autres, au droit à l’environnement, à la théorie des relations internationales, au contentieux interétatique, aux mutations contemporaines des sociétés. C’est dans ses travaux liés à la théorie générale du droit international que sa contribution apparaît comme pionnière et singulière. À la lumière de ses travaux, M. Kamto est considéré comme un Positiviste. Son sens aigu de la justice fait en sorte qu’il ne s’arrête pas pas au droit limité aux textes.
Prenant la parole en tant que dédicataire de l’ouvrage, M. Kamto prend le soin d’indiquer à Alain Guy Sipowo et aux 23 contributeurs dudit document d’agglutiner leurs travaux à la critique technique. “Quand on fait une critique, explique M. Kamto, il faut l’appliquer sur le plan technique parce que si vous vous limitez à la critique politique, vous faites de l’idéologie si bien que ce soit à la portée de tout le monde. Mais si vous ne savez pas quelles sont les règles qui encadrent le comportement des États et qui régissent les rapports entre les Etats au niveau international, vous resterez seulement au niveau du syndicat de la pensée”.
Le juriste internationaliste invite les contributeurs de l’ouvrage collectif à s’assurer toujours qu’ils maîtrisent les concepts, les catégories et théories juridiques au point d’être capables de les questionner de manière épistémologique. “Mettez donc un point d’honneur à être rigoureux ! Ne vous précipitez pas! Ne dites pas que j’ai vu la bibliothèque de Kamto qui comporte 100 ouvrages, 100 articles! D’abord, nous n’avons pas la même capacité, la même charge. Prenez le temps de faire votre œuvre de manière rigoureuse!”, conclut M. Kamto.
