Par Ilyass Chirac Poumie
Depuis le 7 juin, date à laquelle le président de 93 ans a quitté Yaoundé pour un « séjour privé » à Genève afin d’y recevoir des soins, son épouse Chantal Biya, leurs enfants Junior et Brenda Biya, ainsi que plusieurs proches — dont Franck Biya, la famille de son frère cadet Pierre Meba, ou encore Céline Ngoh Ngoh, épouse du secrétaire général de la présidence — se sont installés dans la ville, selon une enquête de Jeune Afrique publiée début juillet. La famille a d’abord logé à l’hôtel InterContinental de Genève, où le 31ᵉ anniversaire de Junior Biya a même été célébré en grande pompe le 22 juin.
Brenda Biya, en particulier, dispose d’un appartement à Genève depuis quelques jours. Elle réside dans cette ville d’ailleurs depuis fort longtemps, dans une suite de l’hôtel intercontinental, où sont père y vie de manière régulière. Les informations selon lesquelles Junior Biya disposerait lui aussi désormais d’un grand appartement dans la ville n’ont toutefois pas pu être confirmées de façon indépendante à ce stade.
Sur les médias sociaux, les internautes ne se privent pas d’ironiser sur ce séjour qui s’éternise. Le décompte des jours d’absence présidentielle, devenu un mot-clé récurrent, sert désormais autant à interroger l’état de santé du chef de l’État qu’à dénoncer un flou institutionnel : en l’absence de toute apparition publique ou de passassion firmelle des pouvoirs, la question de savoir qui dirige effectivement le Cameroun continue de se poser.
Paul Biya a répété à plusieurs reprises, notamment lors de ses messages annuels à la jeunesse à l’occasion de la Fête de la jeunesse du 11 février, son appel à ne pas céder au « désespoir » qui pousse certains jeunes Camerounais vers les « voies obscures et incertaines de l’immigration clandestine », les invitant à privilégier l’entrepreneuriat local, notamment dans l’agriculture et le numérique. Le mode de vie de la famille présidentielle en Suisse est régulièrement pointé du doigt par la presse et les défenseurs des droits humains, qui rappellent que les liens entre les Biya et l’hôtel InterContinental de Genève remontent à bien avant son accession à la présidence, et que plusieurs de leurs gardes du corps ont déjà été condamnés par la justice suisse, notamment après l’agression d’un journaliste de la RTS (Radio Television Suisse), en 2019.
