Par Joël Onana
Dans une déclaration diffusée sur les médias sociaux, Olive Ngobo dénonce ce qu’elle présente comme un enrichissement personnel du colonel Badjeck, qu’elle relie à un détournement massif présumé des fonds de souveraineté alloués à la production du magazine Honneur et Fidélité des Forces armées camerounaises. Elle interpelle directement les institutions de contrôle de l’État — le Consupe, le Tribunal criminel spécial (TCS), la Conac et la Chambre des comptes de la Cour suprême — pour qu’elles se saisissent du dossier, réclamant des investigations sur « les centaines de millions de francs Cfa distraits » sous la direction du colonel Badjeck à la tête de la DIVCOM. « Un véritable braquage à ciel ouvert des caisses de l’État ! », a-t-elle affirmé, promettant que le peuple camerounais réclamerait, le moment venu, « justice et la restitution de chaque franc appartenant à la nation ».
Sollicité, le colonel Badjeck n’a pas répondu spécifiquement à ces nouvelles accusations de détournement. Sur le volet des accusations d’agression sexuelle en revanche, il avait réagi avec virulence aux propos du capitaine Kenneth Effoudou, à l’origine de ces révélations, le menaçant publiquement sans toutefois démentir explicitement les faits rapportés.
L’affaire a éclaté le 5 août, lorsque le capitaine Kenneth Effoudou, officier en exil, a accusé sur le plateau de l’émission « Fauteuil Rouge » le colonel Didier Badjeck, alors chef de la DIVCOM et porte-parole de l’armée, d’avoir tenté de violer une collaboratrice, Olive Ngobo, dans son bureau en 2017.
Selon ce récit, le colonel aurait lui-même déchiré son uniforme avec un couteau pour accuser en retour sa collaboratrice de l’avoir agressé, provoquant la suspension de cette dernière pendant six mois. Olive Ngobo affirme avoir saisi le tribunal administratif de Yaoundé, et avoir finalement obtenu gain de cause et une réhabilitation, après avoir produit des preuves de plaintes antérieures pour harcèlement adressées au ministre de la Défense de l’époque, Joseph Beti Assomo — lequel aurait, selon plusieurs médias, protégé le colonel Badjeck dans un premier temps. À ce stade, aucune de ces accusations, qu’il s’agisse de l’agression sexuelle ou du détournement de fonds, n’a fait l’objet d’une confirmation judiciaire ou d’une réponse officielle du ministère de la Défense.
