Par Léopold DASSI NDJIDJOU
La première édition du Cadre de concertation stratégique pour le développement durable de Ngomedzap a servi de rampe de lancement à cet ambitieux projet de développement qui se structure déjà autour de 63 idées-programmes dont la maturation est en cours. Cette commune, formée de 53 villages, entend valoriser ses potentialités et de tirer le meilleur parti de son positionnement sur le corridor Kribi–Yaoundé.
Comme un allant supplémentaire à cette initiative, on a noté la présence effective du port autonome de Kribi à ce sommet de concertations placé sous le thème” vers un Hub agro-logistique au cœur du corridor Kribi–Yaoundé”. Concrètement, au cours de ces assises, 13 ateliers ont exploré les principaux ressorts du développement de ce terroir : agriculture, infrastructures, logistique, tourisme, environnement, gouvernance, culture, jeunesse, entrepreneuriat, santé, citoyenneté et gestion des risques.
A la fin des travaux, quatre enjeux majeurs ont retenu l’attention dont le désenclavement, la valorisation du corridor et du fleuve Nyong, la mobilisation communautaire et la résilience du territoire. Pour vaincre le désenclavement par exemple, il faut créer de nouvelles routes pour fluidifier les échanges. En outre il y a lieu d’étendre l’électrification et les réseaux de télécommunications de la commune. Il faut réhabiliter la voirie communale. A Ngomedzap, l’accès aux services essentiels et l’attractivité économique doivent être une réalité, un préalable à la mise sur pied des projets qui font de cette localité un hub sur le corridor. Le fleuve Nyong est également un atout majeur sur lequel cette commune compte s’appuyer pour impulser son développement.
Ainsi, trois zones stratégiques ont été identifiées sur ce cours d’eau pour l’aménagement de débarcadères, tandis que l’assainissement du lit du fleuve figure parmi les priorités. En somme, il est question de faire du Nyong à terme, un élément d’une économie du terroir associant logistique, pêche, pisciculture et tourisme. L’agriculture constitue l’autre grande ressource à valoriser. Il est désormais un impératif de réhabiliter les plantations de cacao, de développer la culture du manioc, du plantain, de la banane douce et du maïs, entre autres. Bien plus, il faut diversifier les cultures et l’élevage. La perspective ici, est surtout de dépasser la production primaire pour développer la transformation locale et retenir davantage de valeur au sein de la localité. Dans cette logique s’inscrit le projet de parc agro-industriel de 200 hectares, avec une première phase de 50 hectares, comprenant notamment des unités de transformation du cacao, du manioc, de l’huile de palme, du poisson et des agrumes. Des infrastructures d’entreposage, un dispositif destiné à l’élevage et à la pisciculture ainsi qu’un centre d’incubation des Pme, complètent cette ambition.
L’élaboration d’un document-cadre unique de Plan communal de développement intégré
C’est la principale recommandation faite au maire à la fin des travaux, tout comme il a été retenue la hiérarchisation des projets, la mobilisation de partenariats techniques et financiers et l’instauration d’un mécanisme permanent de suivi-évaluation. Le préfet du département a pour sa part, en clôturant ces assises inédites, félicité l’initiative et a assuré les uns et les autres de la disponibilité des pouvoirs publics à accompagner ce projet de bout en bout. Il a saisi cette occasion pour inviter les autres localités de son département à s’inspirer de l’action de Ngomedzap pour booster le développement durable et intégral du Nyong-et-So’o.
Quant à Clément Atangana, un patriarche de la localité et par ailleurs président du Conseil constitutionnel, il a invité à l’action, au rassemblement, à l’ardeur au travail mais surtout à la discipline et au respect des institutions et des aînés sociaux de la communauté. C’est par là, a-t-il réitéré, que les résultats probants seront observés. L’intervention du Pr.m Bruno Bekolo a porté sur les enjeux du développement territorial. Il a de ce fait invité les forces vives à reconsidérer le patrimoine forestier, foncier, fluvial, culturel et géographique de Ngomedzap comme autant d’actifs à organiser et à valoriser au lieu de les considérer comme de simples ressources disponibles. Dans son propos de circonstance, le ministre Grégoire Owona, fils de la localité, a invité ses frères et sœurs de l’arrondissement à se mettre ensemble pour booster le développement de leur contrée. Il a par ailleurs demandé aux organisateurs de battre le rappel des forces vives, précisément les universitaires qui hésitent souvent à se mêler aux activités locales. Tous les regards sont désormais tournés vers la 2 ème édition, où l’action prendra le pas sur la parole, espère-t-on à Ngomedzap.
