Par Ross Hill
Déposée devant un tribunal fédéral de Washington, la plainte vise à obtenir une ordonnance restrictive temporaire ainsi qu’une injonction préliminaire pour bloquer la procédure de renouvellement anticipé des licences de diffusion des huit stations locales détenues par Abc. Le groupe affirme n’avoir « pas d’autre choix que de saisir la justice », évoquant une « capitulation totale » comme seule alternative face aux pressions de l’administration.
Dans sa plainte, Abc soutient que l’administration « s’en est prise à plusieurs reprises à sa liberté d’expression, aux sujets traités par ses journalistes et aux opinions diffusées dans ses programmes », et que ces attaques ont fini par se traduire par des demandes explicites de retrait de ses licences. Le texte évoque également les prises de position répétées de Donald Trump sur les réseaux, notamment ses appels à révoquer les licences d’Abc après que la chaîne a refusé de diffuser en direct son allocution du 16 juillet, ainsi qu’après une question posée par un journaliste du groupe au prince héritier saoudien sur l’affaire Jamal Khashoggi.
Le président de la Fcc, Brendan Carr, avait défendu vendredi l’action de son agence, estimant que les diffuseurs ont le devoir d’« opérer dans l’intérêt public » et que la commission cherche simplement à faire respecter cette norme. L’agence n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations concernant la plainte.
En avril, la Fcc a ordonné à Abc de déposer par anticipation les demandes de renouvellement des licences de ses huit stations locales, des années avant leur échéance normale, dans le cadre d’une enquête sur les pratiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) du groupe Disney. La commission a par ailleurs ouvert une procédure distincte visant l’émission « The View », diffusée sur Abc. Cette offensive réglementaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre l’administration Trump et la chaîne, notamment après la mise à l’écart temporaire de l’animateur Jimmy Kimmel en septembre 2025.
