Par Serge Aimé BIKOI
Face à la recrudescence de cas de tueries, consécutives à l’avalanche de violences sexistes, qui porte le bilan national à plus de 140 victimes depuis le début de l’année 2026, l’association “Mani Sos Veuves et femmes violentées” exprime son indignation dans une déclaration diffusée ce mardi sur les réseaux socionumériques.
Mani Sos dit: “Stop aux féminicides et à toutes les formes de violences faites aux femmes!”. En effet, face à la multiplication des cas de féminicides, violences conjugales, agressions physiques et sexuelles, violences psychologiques, économiques et autres formes de violences faites aux femmes, Bertin Noa, coordonnateur national de “Mani Sos Veuves et femmes violentées” exprime son indignation. “Trop,c’est trop* !Aucune femme ne devrait perdre la vie sous les coups de son conjoint, de son partenaire ou de toute autre personne. Aucune femme ne devrait être agressée, humiliée, menacée, harcelée ou réduite au silence. Derrière chaque cas de violence, se trouvent une vie brisée, une famille traumatisée et parfois des enfants condamnés à vivre avec une douleur qui ne disparaît pas”, soutient-il.
Les féminicides ne sont pas de simples faits divers. Ce sont des drames humains et sociaux qui doivent interpeller toute la société camerounaise. Ce leader associatif condamne :
. les féminicides et assassinats de femmes ;
- les violences physiques et conjugales ;
- les violences sexuelles et les agressions ;
- les violences psychologiques et le harcèlement ;
- les violences économiques et la privation de ressources ;
- les menaces, intimidations et actes de domination ;
- les pratiques traditionnelles néfastes portant atteinte à la dignité et aux droits des femmes ;
- ainsi que toutes les formes de violences qui mettent en danger la vie, l’intégrité et la dignité des femmes.
À cause de cet état de choses, B. Noa demande de briser le silence. Pour cet entrepreneur de la société civile, “le silence ne doit plus être une protection pour les auteurs de violences. Nous appelons les victimes et survivantes à ne pas rester seules, à rechercher de l’aide et à parler à des personnes de confiance et aux structures compétentes.Nous appelons également les familles, les communautés, les autorités, les organisations de la société civile, les médias, les leaders traditionnels et religieux, ainsi que chaque citoyen à prendre leurs responsabilités dans la prévention et la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes”.
B. Noa appelle aussi quiconque à savoir reconnaître les signes de violence, intervenir de manière responsable, protéger les victimes et accompagner les survivantes vers la reconstruction et l’autonomisation.
“En tant qu’association engagée dans la protection, l’écoute, l’accompagnement et l’autonomisation des veuves et des femmes violentées, Mani Sos réaffirme son engagement à contribuer à la lutte contre les violences faites aux femmes, à sensibiliser, écouter, orienter, accompagner et plaider pour la protection des droits et de la dignité des femmes.
En rappel, la cité Bende dans l’arrondissement de Douala V s’est réveillée dans l’horreur le 22 août. Modestine Maffo, mère de deux enfants, a été tuée à son domicile par son époux, Hervé Tezembong, boucher originaire de Balatchi dans les Bamboutos, région de l’Ouest. C’est l’un des derniers cas de féminicides en date enregistré. L’homme aurait usé d’un couteau pour porter plusieurs coups à sa compagne à la suite d’une dispute dont les mobiles restent encore floues.
Le corps de la défunte a été découvert gisant dans une mare de sang. Selon les données de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes(Alvf), plus de 60% des femmes camerounaises déclarent avoir déjà subi au moins une forme de violence conjugale et les cas de décès sont en forte progression dans les agglomérations de Douala et Yaoundé. L’infidélité présumée, la discorde entre époux pour des problèmes pécuniaires, l’insoumission, la précarité économique, la consommation abusive de l’alcool et des stupéfiants sont, entre autres, des facteurs catalyseurs de tensions conjugales.
