Par Léopold DASSI NDJIDJOU
A l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le Minat était demeuré constant dans sa logique d’exclure Maurice Kamto de la course vers Etoudi, de le mettre hors jeu par tous les moyens. La raison principale était tantôt le boycott des municipales et des législatives de février 2020, tantôt la publication par le Minat des extraits de déclarations de l’homme politique où il affirmait être conscient de l’entrave à sa participation à l’élection présidentielle du fait de manque d’élus dans ses rangs.
Le Minat en a fait des choix gras partout où il le pouvait au point certains se demandaient si une déclaration de Maurice Kamto pouvait avoir plus de poids que la loi qui encadre le processus électoral. Pour essayer de se dépêtrer des liens du Minat, Maurice Kamto s’est trouvé contraint de se jeter dans les bras du Manidem avec le baptême d’Anicet Ekane. Mais le Minat ne l’a pas entendu de cette oreille. La candidature de Maurice Kamto a été finalement invalidée comme l’avait annoncé longtemps à l’avance Paul Atanga Nji. On avait pensé qu’avec la victoire de Paul Biya à la présidentielle, la bourrasque contre l’homme politique s’estomperait.
Que non! Le Minat est à nouveau vent debout contre Maurice Kamto, le marquant comme qui dirait à la culotte, à l’approche des municipales et des législatives annoncées pour le début d’année 2027. En refusant de prendre acte des résolutions de la Convention extraordinaire du 21 décembre 2025, tenue faut-il le rappeler en ligne, Paul Atanga Nji dénie avant tout la qualité de président du Mrc à Maurice Kamto. C’est dire que pour l’heure, dans les annales du Minat, c’est Mamadou Mota, le 1er vice-président qui tient l’appareillage. Le mince avantage est que tout cela est dit à tout au moins à 4-5 mois de l’échéance électorale.
Maurice Kamto tiendra -t-il une autre Convention extraordinaire comme visiblement semble l’y inviter le Minat? Dans une telle éventualité, que feront les militants exclus du parti qui contestent devant les juridictions la légalité du retour de professeur au sommet du parti? Pour l’heure, seul le
Directoire et Maurice Kamto savent quelle carte ils vont abattre en dernier lieu. Par ailleurs, la loi électorale en ce qui concerne les attestations d’investitures, donne la possibilité de signature soit au président du parti soit au Sg. Dans un tel contexte, le Mrc s’en sort à bon compte car au bout du compte, le Sg, Christopher Ndong, pourrait faire l’affaire. Comme il en est ainsi, pourquoi le Minat s’engage -t-il donc dans un ring où le combat n’a visiblement aucun intérêt?
Là est tout le dilemme et beaucoup d’observateurs suspectent le patron de l’Administration, d’être déjà engagé dans une guerre préventive au cas où le Mrc aurait un score honorable à la prochaine élection couplée. Si une telle éventualité se confirmait, à l’exemple de ce qui se passe au Sénégal, l’Assemblée nationale pourrait donner du somnifère au gouvernement le jour et lui couper en même temps le sommeil la nuit. C’est le pari catastrophe que redoute le pouvoir comme le susurrent certains, avec en prime le pire score électoral qu’a connu Paul Biya après la présidentielle de 1992 ( 53%). Depuis la présidentielle du 12 octobre 2025, les eaux ont coulé sous le pont certes, mais la détermination des uns et des autres demeure-t-elle incandescente ? Les scrutins du début d’année 2027, feront la lumière sur tous les points d’ombre.
