Accueil » 🇨🇲 Cameroun | Depuis Banjul, Issa Tchiroma conditionne son retour à la mobilisation du peuple

🇨🇲 Cameroun | Depuis Banjul, Issa Tchiroma conditionne son retour à la mobilisation du peuple

Yaoundé, 30 août 2026 – Réfugié en Gambie depuis la crise ayant suivi l’élection présidentielle d’octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary affirme qu’il ne regagnera le Cameroun que lorsque les populations seront disposées à soutenir son combat politique.

0 comments

Par Armand Soussia

«Je rentrerai au pays quand le peuple sera prêt », a déclaré le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), qui revendique toujours la victoire lors du scrutin présidentiel. Cette déclaration tranche avec son message du 31 décembre 2025, dans lequel il promettait d’être « très bientôt » de retour auprès de ses partisans.

Depuis Banjul, l’ancien ministre multiplie les interventions sur les médias sociaux et les mots d’ordre de mobilisation. Son appel à frapper sur des casseroles pour protester contre le pouvoir de Yaoundé n’a cependant pas produit l’élan populaire espéré et a suscité railleries et critiques.

Cette stratégie à distance lui a également coûté plusieurs soutiens. L’écrivaine Calixthe Beyala, qui s’était fortement engagée en sa faveur pendant la présidentielle, a publiquement pris ses distances. Elle reproche à l’opposant d’avoir quitté le pays après avoir appelé les Camerounais à manifester, laissant, selon elle, ses partisans affronter seuls la répression, les arrestations et les poursuites judiciaires.

L’éloignement prolongé d’Issa Tchiroma fragilise ainsi l’image du tribun qui, après avoir quitté le gouvernement en juin 2025, était rapidement devenu la principale figure de contestation face à Paul Biya. Les résultats officiels de la présidentielle du 12 octobre 2025 lui ont attribué 35,19 % des suffrages, contre 53,66 % au chef de l’État, réélu pour un huitième mandat. Il rejette ces chiffres et continue d’affirmer qu’il a remporté le scrutin.

Arrivé en Gambie le 7 novembre 2025, Issa Tchiroma y est accueilli temporairement pour des raisons humanitaires et afin d’assurer sa sécurité. Banjul avait toutefois précisé que son territoire ne pourrait pas servir de base à des activités dirigées contre un autre État.

Plusieurs mois après son départ, la question de son retour demeure donc entière. En conditionnant désormais celui-ci à une mobilisation préalable de la population, le « bon diable » semble pris au piège d’un rapport de force difficile à entretenir depuis l’étranger, alors que les appels numériques peinent à se transformer en mouvement populaire sur le terrain.

You may also like

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest

0 Commentaires
Need Help? Chat with us
Panorama Papers
Support online
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x