Par Zobel A. Mbon
À Kienké, la terre était au centre des discussions.
Mais derrière les limites cadastrales, c’est surtout la capacité des différents acteurs à s’écouter et à trouver des points de convergence qui était à l’épreuve.
Présidée par le préfet du département de l’Océan, Bouba Haman, la 27ᵉ tripartite a réuni autour d’une même table l’administration, les représentants de la Socapalm, les autorités traditionnelles, les élites et les communautés riveraines.
Le foncier, un dossier sensible mis sur la table
La refonte du périmètre cadastral, principal sujet inscrit à l’ordre du jour, a suscité de nombreuses interpellations. Chefs traditionnels et représentants des communautés ont notamment exprimé leurs préoccupations sur l’histoire des concessions et les conditions dans lesquelles certaines délimitations avaient été établies.
Des prises de parole parfois fermes, révélatrices d’une question foncière qui demeure sensible dans la zone.
Plutôt que d’éluder les divergences, les échanges ont permis de les mettre à plat. Les explications apportées par l’administration et la Socapalm ont progressivement permis de recentrer les discussions sur les mécanismes susceptibles de conduire à une lecture partagée de la situation.
Un principe s’est ainsi dégagé : les objections formulées par les communautés devront être examinées avant tout entérinement définitif du nouveau tracé cadastral.
Une orientation qui replace la concertation au cœur du processus et ouvre la voie à un traitement plus méthodique des points de désaccord.
Du face-à-face à la recherche de solutions
Au fil des échanges, le climat initialement marqué par des positions parfois éloignées a progressivement laissé place à une discussion plus constructive.
Pour la Socapalm, cette évolution conforte le choix d’un dialogue de proximité articulé autour de rencontres bilatérales avec les villages et de sessions tripartites associant l’administration.
L’objectif est de créer des espaces réguliers où les préoccupations peuvent être exprimées, documentées et discutées avant qu’elles ne deviennent des facteurs de crispation. Une démarche qui n’efface pas les divergences, mais permet de les traiter dans un cadre structuré, avec l’administration comme partie prenante du processus.
Projets communautaires : entre avancées et attentes
Le foncier n’a toutefois pas monopolisé les travaux.
Les participants ont également passé en revue l’état d’avancement de plusieurs engagements communautaires, notamment les projets d’adduction d’eau et différentes initiatives portées au bénéfice des villages riverains.
Si des avancées ont été relevées, les communautés ont également appelé à accélérer l’exécution de certains projets encore attendus sur le terrain.
Les questions sécuritaires aux abords des concessions ont, elles aussi, été abordées, avec la volonté de renforcer la coordination entre les différentes parties concernées.
Faire circuler l’information jusqu’aux villages
Autre enjeu identifié : la circulation de l’information.
Administration, entreprise et représentants communautaires ont souligné la nécessité de mieux relayer les résolutions prises lors des rencontres tripartites afin qu’elles parviennent effectivement aux populations, y compris dans les localités les plus éloignées.
L’enjeu est loin d’être accessoire. Une décision mal relayée, incomplètement comprise ou déformée au fil de sa transmission peut rapidement devenir une nouvelle source de tensions.
Améliorer le circuit de l’information apparaît ainsi comme l’un des leviers nécessaires pour renforcer la confiance autour des engagements pris.
Prévenir plutôt que gérer les crises
À Kienké, la 27ᵉ tripartite aura finalement dépassé la seule question des frontières cadastrales.
Elle aura surtout permis de conforter une méthode de travail entre l’administration, la Socapalm et les communautés : mettre les préoccupations sur la table, confronter les positions, clarifier les responsabilités et rechercher des solutions avant que les incompréhensions ne se transforment en conflits.
Dans un environnement où le foncier cristallise encore de fortes attentes, le dialogue ne règle pas tout. Mais lorsqu’il devient régulier, documenté et suivi d’engagements vérifiables, il peut constituer un véritable outil de prévention des tensions.
À Kienké, c’est précisément ce pari du dialogue continu qui semble désormais guider la relation entre la Socapalm et ses communautés riveraines.
