Par Ilyass Chirac Poumié
Le processus de cession de la Société sucrière du Cameroun connaît un nouveau rebondissement. Selon les informations d’EcoMatin, une mission du Comité stratégique de pilotage mis en place par le Premier ministre Joseph Dion Ngute s’est rendue au Kenya pour visiter les installations sucrières de Kipchimchim Group. La mission s’est achevée le 19 septembre 2026.
Fondé par l’homme d’affaires kényan Samwel Ngetich Kipsoi, Kipchimchim Group a transmis au gouvernement camerounais une offre estimée à 200 milliards de Fcfa. L’opération bénéficie de l’appui financier d’Afriland First Bank.
Le conglomérat kényan possède plus de 20 entreprises actives dans l’agriculture, l’industrie, le commerce, la logistique, la distribution, les mines et la construction. Il exploite notamment sept usines de thé et une unité sucrière capable de traiter 1 250 tonnes de canne par jour.
Kipchimchim dispose également d’un bassin potentiel de 3 500 hectares de terres agricoles au Kenya. Plus de 3 000 hectares sont déjà exploités par environ 6 000 producteurs partenaires, selon les données rapportées par EcoMatin.
Une première cession suspendue par le gouvernement
L’arrivée du groupe kényan intervient alors que Somdia avait signé, le 13 août 2026, un accord portant sur la vente de ses 82 % à un consortium composé de cinq investisseurs camerounais. Ce groupe réunissait notamment Joseph Pagop Noupoué, Henriette Noutchougouin, William Nkontchou, Igor Djoukwé et Marcel Tchagongom.
Le gouvernement avait toutefois ordonné la suspension de cette opération et confié l’examen du dossier à un comité stratégique. Celui-ci a notamment effectué une mission sur les installations de la Sosucam à Mbandjock et Nkoteng afin d’évaluer l’état de l’entreprise et les garanties offertes par les différents prétendants.
La reprise de la Sosucam représente un enjeu majeur pour l’approvisionnement du marché camerounais en sucre, le maintien des emplois et la modernisation d’un appareil industriel confronté à des difficultés financières, à des équipements vieillissants et à des tensions sociales.
L’offre de Kipchimchim ouvre désormais une compétition entre le groupe kényan et le consortium camerounais initialement choisi par Somdia. La décision finale reviendra au gouvernement, qui devra départager les prétendants en fonction de leurs capacités financières, industrielles et sociales.
