Home SociétéAfrique🇨🇲Cameroun | Socapalm – Tripartite de Mbimbè: Le dialogue débouche sur une feuille de route concrète

🇨🇲Cameroun | Socapalm – Tripartite de Mbimbè: Le dialogue débouche sur une feuille de route concrète

Réunis vendredi 18 septembre 2026 à Mbimbè, dans l’arrondissement de Dizanguè, l’administration, la Socapalm et les communautés riveraines ont passé en revue plusieurs préoccupations locales et arrêté une série d’engagements. Au-delà des dossiers examinés, la rencontre aura surtout consacré le dialogue comme principal levier de prévention des tensions et de construction de solutions partagées.

0 comments

Par Zobel A. Mbon

À Mbimbè, les divergences n’ont pas été éludées. Elles ont été mises sur la table, discutées et, pour plusieurs d’entre elles, traduites en engagements précis.

Présidée par le Préfet de la Sanaga-Maritime, Cyrille Yvan Abondo, la réunion tripartite a rassemblé l’administration, les communautés riveraines et la Socapalm, conduite par son Directeur Général, Frédéric Augé.

Une rencontre placée sous le signe de l’écoute et de la recherche de solutions concertées dans un territoire où cohabitent agro-industries et communautés venues de divers horizons.

Dizanguè, un territoire où le dialogue reste déterminant

En ouvrant les travaux, le Préfet de la Sanaga-Maritime a insisté sur la singularité de l’arrondissement de Dizanguè, qu’il présente comme un véritable laboratoire du vivre-ensemble.

La présence de la Socapalm et de la Safacam, aux côtés de populations aux origines diverses, crée une dynamique économique et sociale importante, mais peut également faire émerger des incompréhensions. D’où, selon l’autorité administrative, la nécessité de maintenir des espaces réguliers de dialogue permettant aux différentes parties de confronter leurs perceptions, d’examiner les difficultés et de rechercher ensemble des réponses adaptées.

Une approche qui trouve un écho du côté de la Socapalm.

Pour Germain Jules Kamta, Secrétaire Général de l’entreprise, le climat des échanges témoigne de l’intérêt de ces cadres de concertation. Il a réaffirmé la volonté de la Socapalm de maintenir une collaboration constructive avec ses parties prenantes, particulièrement les communautés riveraines.

Dans un environnement où certaines incompréhensions peuvent rapidement alimenter les tensions, l’entreprise mise sur la transparence, l’information et le dialogue de proximité pour anticiper les différends et favoriser la recherche de solutions durables.

Les communautés veulent aussi jouer leur rôle

Cette volonté de maintenir le dialogue est également exprimée par les forces vives de Mbimbè.

Joseph Dikouba, président des élites du village, voit dans la tripartite un cadre utile pour rapprocher les positions et accélérer le traitement de certaines préoccupations locales.

Pour lui, les élites ont également une responsabilité : celle de restituer fidèlement aux populations les résolutions prises et d’accompagner leur mise en œuvre, notamment lorsqu’elles concernent des projets structurants attendus par les jeunes. Même appréciation chez Boniface Moussi, premier notable de Mbimbè.

Comparant cette session aux précédentes, il estime que les échanges ont permis d’apporter des éclairages sur plusieurs dossiers jusque-là insuffisamment compris.

Sans nier les difficultés qui subsistent, il souligne l’intérêt de maintenir ce dialogue direct entre autorités, entreprise et communautés. Une démarche qui permet, selon lui, de mieux distinguer les points de désaccord des avancées déjà enregistrées sur le terrain.

Des échanges aux engagements

La rencontre de Mbimbè ne s’est toutefois pas limitée aux déclarations de principe. Elle s’est achevée sur une feuille de route répartissant les responsabilités entre les différentes parties.

Les communautés riveraines ont été invitées à privilégier le dialogue permanent, la confiance et le vivre-ensemble, tout en participant activement au suivi des résolutions arrêtées.

L’administration devra, pour sa part, poursuivre le traitement de plusieurs dossiers. Le Préfet de la Sanaga-Maritime devrait notamment convoquer une séance de travail consacrée au différend opposant la Socapalm à l’Église catholique de Mbambou. Des dispositions sont également annoncées concernant les pressoirs artisanaux, avec l’implication du Sous-préfet de Dizanguè dans le suivi des mesures arrêtées.

Ce dernier devra par ailleurs transmettre les conclusions de la rencontre aux chefs traditionnels et préparer la prochaine session de la tripartite, annoncée à Dikola.

Du côté de la Socapalm, la Direction Générale poursuivra notamment la finalisation du projet d’adduction d’eau et d’électricité en cours dans le secteur. Des discussions devront également être engagées avec le curé de la paroisse de Mbambou au sujet de l’aménagement de ses locaux.

Les chefs de villages sont, quant à eux, appelés à mettre en place des comités de gestion chargés du suivi des microprojets financés par la Socapalm, à restituer systématiquement les conclusions des tripartites à leurs populations et à faire remonter les préoccupations ponctuelles.

Faire du dialogue une méthode de travail

À Mbimbè, l’enjeu aura finalement dépassé la seule résolution des doléances inscrites à l’ordre du jour.
En mettant autour d’une même table l’administration, l’entreprise et les communautés, la tripartite installe progressivement une méthode : se parler avant que les incompréhensions ne deviennent des tensions, clarifier les responsabilités et assortir les échanges d’engagements vérifiables.

Tout n’est pas réglé.

Plusieurs dossiers restent à conduire à leur terme. Mais la feuille de route arrêtée à Mbimbè donne désormais à chaque acteur une responsabilité clairement identifiée.

Le prochain rendez-vous à Dikola permettra d’en mesurer les avancées.

You may also like

Leave a Comment