Par Ilyass Chirac Poumie
Le tribunal de grande instance du Mfoundi, à Yaoundé, s’est déclaré incompétent pour statuer sur la demande d’interdiction déposée le 28 février 2024 par Jean-Michel Nintcheu contre le secrétaire général de la présidence de la République.
Dans sa requête, le député demandait à la justice d’interdire à Ferdinand Ngoh Ngoh ce qu’il qualifie d’« usurpation » des fonctions présidentielles, notamment à travers l’usage récurrent de la formule « hautes instructions du chef de l’État ».
« Deux ans pour se déclarer incompétent », a réagi Jean-Michel Nintcheu. L’opposant annonce son intention de faire appel, estimant que cette question demeure d’actualité et doit continuer d’alimenter le débat public. Selon lui, « le Cameroun n’est pas gouverné normalement » depuis plusieurs années.
Une autre affaire renvoyée au 26 novembre
Une seconde procédure, engagée par le Front pour le changement du Cameroun, le parti dirigé par Jean-Michel Nintcheu, était également examinée par la justice. Cette affaire a été renvoyée au 26 novembre 2026, dans l’attente des conclusions du parquet.
Introduite en avril 2024, la requête demande au tribunal d’interdire au président Paul Biya de continuer à proroger les mandats des députés et de l’inviter à respecter le calendrier électoral.
Initialement prévus pour s’achever en mars 2025, les mandats des députés et des conseillers municipaux avaient été prolongés jusqu’en mars 2026, avant une nouvelle prorogation jusqu’au début de l’année 2027.
Ces procédures relancent le débat sur l’exercice effectif du pouvoir présidentiel et sur les modifications répétées du calendrier électoral au Cameroun.
