Par Armand Soussia
Amchidé, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Au moins huit civils ont été tués, lundi 6 octobre, dans une attaque à la roquette attribuée à Boko Haram contre la ville d’Amchidé, dans la région de l’Extrême-Nord. « Les Boko Haram ont tiré une roquette cet après-midi à partir de Banki (…). La roquette est tombée à Amchidé et a tué huit civils et fait de nombreux blessés », a déclaré sous couvert d’anonymat un policier camerounais. « Nous craignons une hausse du nombre de morts », a-t-il ajouté. Un agent de sécurité basé à Amchidé évoque lui un bilan de « neuf morts » et huit blessés transportés à l’hôpital de la ville. La roquette est tombée dans une rue où beaucoup de gens faisaient leurs achats.
Banki, la ville nigériane d’où le tir serait parti, est contrôlée depuis quelques semaines par Boko Haram, à proximité immédiate d’Amchidé. Des groupes d’autodéfense ont été mis en place dans la ville pour repousser les islamistes, qui y multiplient les tentatives d’incursions.
Cette attaque est la troisième en moins d’un mois dans la région : dans la nuit du 16 au 17 septembre, une attaque attribuée à Boko Haram avait tué 14 civils à Madégoua, dans l’arrondissement de Makary (le bilan varie selon les sources : 13 morts selon Xinhua, 15 selon Actu Cameroun). Le 28 septembre, la base « BIR Lac Tchad » avait elle aussi été prise pour cible.
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par intérim par Tiriane Balbine Nadège Noah depuis la démission de Maurice Kamto le 8 septembre, avait déjà interpellé Paul Biya après Madégoua, dénonçant son silence et un échec militaire et logistique. En réponse, le couple présidentiel avait distribué 1 000 kits à 1 000 familles de victimes, et le ministre de la Défense annoncé la création d’une base du BIR.
Combien de temps un pays peut-il continuer à enterrer ses civils sans que le sommet de l’État ne descende sur le terrain ? À Amchidé, les habitants attendent toujours la réponse.
