Home EconomieAfrique🇨🇮 Côte d’Ivoire | Dette : Abidjan signe la première obligation à 20 ans de l’histoire d’UMOA-Titres

🇨🇮 Côte d’Ivoire | Dette : Abidjan signe la première obligation à 20 ans de l’histoire d’UMOA-Titres

Le Trésor ivoirien a lancé mardi 6 octobre une OAT à 20 ans au taux de 6,25 %, échéance 2046. Une première sur le marché régional, qui consacre la profondeur de la place d'Abidjan et ouvre la voie aux autres émetteurs de l'Union.

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Par Idrissa Diallo Bah

Abidjan, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – La Côte d’Ivoire vient de franchir une nouvelle frontière sur le marché régional de la dette publique. Mardi 6 octobre 2026, Abidjan a lancé une obligation assimilable du Trésor d’une maturité de 20 ans — soit 240 mois —, la plus longue jamais proposée sur le marché UMOA-Titres. Jusqu’ici, le plafond historique se situait à 15 ans, rapporte Financial Afrik.

L’OAT à 20 ans, d’échéance fixée au 7 octobre 2046, porte un taux d’intérêt annuel de 6,25 %, pour une valeur nominale unitaire de 10 000 FCFA. Le capital sera remboursé in fine et les intérêts versés chaque année, selon les caractéristiques publiées par UMOA-Titres. Cette tranche faisait partie d’une émission simultanée de bons et d’obligations portant sur un montant mis en adjudication de 80 milliards Fcfa, comprenant également un bon du Trésor à 12 mois (échéance 5 octobre 2027) et des OAT à 3 ans (5,20 %), 5 ans (5,45 %) et 7 ans (5,70 %). Les soumissions ont été déposées le 6 octobre via l’application SAGETIL-UMOA, la date de valeur étant fixée au 7 octobre.

L’opération consacre à la fois la profondeur croissante du marché régional et le statut de référence de la Côte d’Ivoire parmi les signatures de la zone, analyse AfricTelegraph. Le marché UMOA-Titres, animé par l’Agence UMOA-Titres sous l’égide de la BCEAO, fédère les émissions de dette publique des huit pays de l’union. Depuis sa création, il a progressivement étoffé l’éventail de maturités — bons à court terme, puis OAT à 10, 12 et 15 ans. Le cap des 20 ans constitue une étape structurante pour la construction d’une véritable courbe souveraine en francs CFA.

Pour les investisseurs institutionnels de la sous-région — compagnies d’assurance-vie et caisses de retraite, aux engagements de long terme —, cet allongement répond à un besoin concret : ils peinaient à trouver, sur le marché local, des actifs d’adossement libellés en monnaie commune. Une obligation souveraine à 20 ans leur offre un instrument naturel pour piloter leur passif, tout en limitant le risque de change.

L’appétit des investisseurs pour la signature ivoirienne ne se dément pas. Le 15 septembre, Abidjan avait levé 109,65 milliards FCFA contre 100 milliards recherchés, avec un taux de couverture de 127,67 %, refusant les offres jugées trop chères. Avec une croissance supérieure à 6 % par an et un retour aux eurobonds en 2024, la Côte d’Ivoire donne le tempo de la finance ouest-africaine.

Reste à voir si le Sénégal, le Bénin et le Burkina Faso suivront sur cette maturité inédite. Mais une chose est sûre : Abidjan vient de repousser la frontière de la courbe des taux régionale.

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