Par Sandra Embollo
Yaoundé, 7 octobre 2026 (Panorama Papers) – Willy Mengue ne désarme pas. L’ancien cadre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, exclu définitivement le 29 juin 2026 pour « trahison » et « manque de loyauté » selon la décision n° 001/2026 du Directoire du parti, se serait présenté ce mercredi 7 octobre chez le sous-préfet de Yaoundé 4 pour demander une nouvelle fois l’interdiction de la convention nationale extraordinaire prévue le 17 octobre au siège du parti à Odza. Selon des informations qui n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante, il se serait fait passer pour un militant fictif nommé Cyrille Edou — un nom qui, toujours selon ces mêmes informations, ne figurerait dans aucun registre du Mrc.
C’est la deuxième offensive de l’exclu contre la convention. Le 28 septembre, au lendemain de la délivrance du récépissé n° 000332/RDMP/J06.04/SP signé par le sous-préfet (la déclaration avait été déposée le 23 septembre par le secrétaire général adjoint n° 1, Noah Roger Justin), Willy Mengue avait déjà saisi la même autorité pour réclamer l’interdiction, invoquant « tensions internes » et « risque de trouble à l’ordre public ».
Le Mrc avait immédiatement riposté sur le terrain juridique. Dans une lettre du 30 septembre, Me Emmanuel Simh, 3e vice-président du parti, avait saisi le sous-préfet pour défendre la tenue de la convention, joignant la décision d’exclusion du 29 juin et rappelant que l’intéressé n’avait plus qualité pour agir. Le 1er octobre, le parti lui adressait une sommation interpellative. Et Me Désiré Sikati, conseil du MRC, a obtenu de Willy Mengue un engagement écrit à ne pas perturber les travaux — « Cet engagement ne nous empêcherait pas de le conduire devant le juge de l’engagement préventif », écrit l’avocat.
Sur le front judiciaire, Willy Mengue a déjà perdu : le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou s’est déclaré incompétent par ordonnance de référé du 17 septembre, et sa demande de mandataire ad hoc a été rejetée. Il a fait appel devant la Cour d’appel du Centre.
Reste la question juridique de fond, posée par camer.be : le sous-préfet peut-il revenir sur un récépissé qu’il a lui-même signé ? La loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 prévoit des cas d’interdiction, mais une fois le récépissé délivré — il vaut autorisation —, il ne peut être retiré que pour des motifs graves, dûment justifiés, après une procédure contradictoire.
La convention doit désigner la nouvelle direction du parti après la démission de Maurice Kamto le 8 septembre. Deux listes ont été validées pour la présidence nationale : celle de Tiriane Balbine Nadège Noah, présidente par intérim, et celle de Pierre Emmanuel Binyam. À dix jours de l’échéance, le bras de fer continue.
