Par la Rédaction
Yaoundé, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – « Évidemment, Mongo Beti n’est pas mort ! » Vingt-cinq ans après sa disparition le 7 octobre 2001 à l’hôpital général de Douala, l’écrivain camerounais continue d’habiter le débat public. Les commémorations se sont multipliées ces 7 et 8 octobre, de Yaoundé à N’Djamena.
À Yaoundé, la Société des amis de Mongo Beti (SAMBE) a tenu le 7 octobre une conférence-débat à la Librairie des Peuples Noirs — la librairie qu’il avait lui-même fondée à son retour d’exil en 1991 — sur le thème « Mongo Beti et la Françafrique ». Parmi les intervenants : sa veuve Odile Tobner, l’écrivain Boubakar Boris Diop, le professeur Ambroise Kom. À N’Djamena, l’université consacre quatre jours de conférences, du 7 au 10 octobre, à l’œuvre du romancier.
Né Alexandre Biyidi Awala en 1932 à Akométam, Mongo Beti aura été l’une des voix les plus intransigeantes de la littérature africaine : « Ville cruelle » (1954, sous le pseudonyme Eza Boto), « Le Pauvre Christ de Bomba » (1956), puis le pamphlet « Main basse sur le Cameroun » (1972), censuré en France, qui dénonçait les pratiques obscures de la Françafrique. « La vocation de l’écrivain n’est pas de bénir le monde tel qu’il va. C’est au contraire de dire : ça ne va pas », écrivait-il.
Le président national du SDF, Joshua Osih, lui a rendu hommage ce 8 octobre, saluant un « éveilleur de conscience » revenu d’exil pour aligner sa lutte sur celle du parti de Ni John Fru Ndi.
Ironie tragique relevée par ses thuriféraires : Mongo Beti est mort des suites de ce qu’il avait combattu toute sa vie — l’absence d’infrastructures sanitaires dignes de ce nom. Vingt-cinq ans plus tard, son injonction demeure : s’instruire, dénoncer, ne jamais bénir le monde tel qu’il va.
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