Home PolitiqueAfrique🇨🇲 Cameroun | Transition: Christian Ntimbane Bomo démonte la proposition de la société civile et ne jure que par Issa Tchiroma Bakary

🇨🇲 Cameroun | Transition: Christian Ntimbane Bomo démonte la proposition de la société civile et ne jure que par Issa Tchiroma Bakary

Dans une tribune au vitriol, le président exécutif du parti Héritage, Me Christian Ntimbane Bomo, s'insurge contre la « transition constitutionnelle » proposée par Achille Mbembe, Marie-Roger Biloa et d'autres figures de la société civile — une proposition sans base juridique ni ancrage populaire, selon lui — et défend la seule transition qu'il juge valable : celle issue de la « vérité des urnes » du 12 octobre 2025, avec Issa Tchiroma Bakary.

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Par Joël Onana

Yaoundé, 8 octobre 2026 (Panorama Papers) – Le débat sur l’alternance au Cameroun s’enrichit d’une contribution qui ne mâche pas ses mots. Me Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti Héritage, dit avoir lu « avec un grand intérêt » la tribune de plusieurs acteurs de la société civile — la journaliste Marie-Roger Biloa, l’écrivain et universitaire Achille Mbembe, le bâtonnier Akere Muna, l’économiste Eugène Nyambal, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, ainsi que les journalistes Éric Chinje et Mimi Mefo — qui proposent une transition constitutionnelle conduite par le président du Sénat. Une proposition « certes pertinente et courageuse » au vu du blocage de la vie politique, concède-t-il, mais qui mérite selon lui de sérieuses observations.

Premier grief : l’absence de base juridique solide. D’après la Constitution camerounaise, rappelle l’avocat, le président du Sénat assure uniquement un intérim aux pouvoirs limités et encadrés — avec notamment l’impossibilité de nommer un gouvernement — le temps d’organiser une nouvelle élection. « On ne saurait donc parler d’une transition constitutionnelle dans ce cas », tranche-t-il : celle-ci suppose la désignation d’un président chargé de conduire la transition sur un délai plus long, avec de réels pouvoirs présidentiels.

Second grief : le manque d’ancrage populaire. La proposition « ne démontre pas sa légitimité auprès des populations et manque totalement de leviers pour sa mise en œuvre » : elle ne précise pas, selon lui, comment amener le peuple camerounais à y adhérer.

Sa contre-proposition : « la seule transition constitutionnelle efficace et rapidement réalisable est celle avec Issa Tchiroma ». Un diptyque, dit-il : la souveraineté populaire — le peuple aurait « déjà accepté » cette transition en votant le 12 octobre 2025 pour le plan de 3 à 5 ans de l’Union pour le Changement de l’équipe du président Anicet Ekane, défendu par le candidat Issa Tchiroma Bakary ; et le respect de la Constitution — est déclaré président de la République le candidat ayant obtenu la majorité des voix, le Conseil constitutionnel ne faisant que « proclamer » les résultats sortis des urnes, sans pouvoir discrétionnaire. « La fraude corrompt tout », martèle Me Christian Ntimbane Bomo : toute proclamation contraire au vote du peuple serait « sans effet juridique ».

En conclusion, la transition ne trouverait son fondement que dans « la reconnaissance de la vérité des urnes du 12 octobre 2025, qui consacre inéluctablement la victoire de M. Issa Tchiroma Bakary ». À moins que ce dernier ne s’en récuse volontairement : il faudrait alors, selon l’avocat, envisager une transition purement politique, décidée dans le cadre d’une conférence nationale souveraine.

Une contribution qui relance le débat sur la succession à sa manière : entre transition « par le haut » et vérité des urnes, les démocrates camerounais restent divisés sur la voie de l’alternance.

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