Par Arlette Akoumou Nga
Un document classé « confidentiel » et lié à l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo révèle des instructions attribuées au président Paul Biya, visant à exclure toute mise en liberté provisoire des personnes poursuivies dans ce dossier sensible.
Selon ce courrier, signé par le ministre d’État, secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, et adressé au ministre de la Justice Laurent Esso, il est demandé de « répercuter les Très Hautes Instructions du Chef de l’État ». Le document précise que ces instructions consistent à
« veiller à ce que le Tribunal militaire vide sa saisine au fond, sans aucune mise en liberté provisoire et dans le strict respect des règles de la procédure ».
Cette révélation, si elle est confirmée, met en lumière une implication directe du sommet de l’État dans le suivi judiciaire de cette affaire, particulièrement sensible au Cameroun.
L’assassinat de Martinez Zogo en 2023 avait suscité une vive émotion nationale et internationale, en raison de son statut de journaliste engagé et critique. L’affaire a conduit à l’arrestation de plusieurs personnalités, dont des membres présumés des services de sécurité. Le traitement du dossier par le tribunal militaire est régulièrement scruté, certains observateurs dénonçant des risques d’ingérence politique dans la procédure judiciaire.
