Par Joël Onana
L’audience du lundi 1er juin 2026 dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo a été marquée par la présentation d’un rapport d’expertise technique devant le Tribunal militaire de Yaoundé.
L’expert commis par la justice a exposé des analyses de téléphonie et de géolocalisation visant plusieurs protagonistes de l’affaire, dont l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et le lieutenant-colonel Justin Danwe. Selon les données présentées en audience, des déplacements et connexions numériques réguliers entre les deux hommes auraient été relevés, notamment dans la zone du Complexe Beac à Mvan, à Yaoundé.
D’après le rapport, ces éléments techniques mettent en évidence une proximité répétée entre les deux accusés, interprétée par l’expert comme une dynamique de collaboration suivie. Les données extraites des téléphones et systèmes de localisation ont été projetées en salle d’audience, suscitant de vives réactions au sein du tribunal.
L’expertise évoque également des requêtes attribuées à Jean-Pierre Amougou Belinga visant des activités de surveillance sur des personnalités publiques, via des relais présumés au sein des services de sécurité. Ces éléments sont désormais versés au dossier d’instruction.
Au cours de la même audience, une vidéo présentée comme montrant les derniers instants de Martinez Zogo a été visionnée par la cour. Sa diffusion a provoqué une forte émotion dans la salle d’audience.
Par ailleurs, le rapport technique n’a relevé aucune connexion directe entre l’ancien directeur général de la Dgre, Maxime Eko Eko, et la planification présumée de l’opération, selon les éléments analysés.
Le tribunal a également pris acte de l’exploitation de correspondances électroniques entre Justin Danwe et l’ancien directeur général des impôts, Mopa Modeste.
Face à la densité des preuves techniques et à l’intensité des débats, la défense et les parties civiles ont demandé une suspension de séance, accordée par le tribunal. L’audience doit reprendre le 2 juin 2026 avec l’ouverture des interrogatoires croisés des accusés.
