Par Joël Onana
L’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo continue d’alimenter les débats. Dans un commentaire en réponse à Boney Philippe, sur les médias sociaux, Christophe Bobiokono soutient que le lieutenant-colonel Justin Danwe a déclaré à plusieurs reprises devant les enquêteurs que son « patron (Jean Pierre Amougou Belinga » lui avait demandé de « faire taire » Martinez Zogo. Il affirme également qu’une somme de deux millions de francs Cfa (≈$4000) a été mise à disposition pour motiver les exécutants de l’opération.
Le chroniqueur rappelle en outre que des images exploitées par les enquêteurs montrent Justin Danwe reçu par Jean-Pierre Amougou Belinga la veille et le lendemain de la disparition de Martinez Zogo, ainsi qu’au lendemain de la découverte du corps du journaliste, afin de lui rendre compte de l’évolution de l’opération.
Il ajoute que le téléphone à partir duquel Jean-Pierre Amougou Belinga échangeait avec Justin Danwe a été subtilisé le jour de la perquisition de son domicile et remis à la nounou de son enfant, avec la complaisance de certains gendarmes.
Bobiokono cite par ailleurs une déclaration de Nyassa Soleil, présenté comme un proche soutien de l’homme d’affaires, qui avait affirmé à Martinez Zogo avant son enlèvement que « les gens de Nsam ont décidé d’en finir avec lui ».
« Si tu ignores tout de l’affaire, il vaut mieux t’abstenir de relancer ceux qui la suivent de façon professionnelle », écrit-il, avant d’ajouter que « l’exploitation du travail des experts montre bien que tout a été fait pour innocenter ton boss, sans y parvenir totalement ».
Enlevé le 17 janvier 2023 à Yaoundé, le journaliste Martinez Zogo a été retrouvé mort quelques jours plus tard dans des circonstances particulièrement atroces. L’affaire a conduit à l’inculpation de plusieurs personnalités, dont Jean-Pierre Amougou Belinga et le lieutenant-colonel Justin Danwe. Plus de trois ans après les faits, le dossier demeure l’un des plus sensibles et les plus suivis de l’histoire judiciaire récente du Cameroun.
