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Cameroun | Cartables trop lourds, vols récurrents, manque d’électricité: Nkoulou Nkoulou Ninon Rosine propose un sac solaire en gombo

La thèse de doctorat soutenue publiquement le 30 juillet 2026 dans l’Amphi 300 de l’Enset de l’Université de Douala, devant un jury présidé par le Pr Ndjakomo Essiane Salomé, la thèse de Nkoulou Nkoulou Ninon Rosine met en avant un sac à dos multifonctionnel conçu à partir de fibres de gombo et de latex naturel. Doté de panneaux solaires et de ports USB, le dispositif a convaincu le jury, qui lui a attribué la mention Très Honorable.

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Par Dilan KENNE

Pendant près de deux heures et demie, la candidate a défendu ses travaux après une présentation d’environ 40 minutes, suivie d’échanges avec le jury. Famille, époux, amis, doctorants et responsables administratifs de l’Enset ont assisté à cette soutenance publique.

Le prototype affiche des dimensions de 60x36x21 cm pour un poids de 1541,01 grammes. Il intègre deux ports USB et une plaque solaire, permettant de recharger des appareils électroniques directement depuis le sac.

« J’ai choisi de résoudre le problème des étudiants notamment les problèmes de vol des effets scolaires et de douleurs squelettiques. Également, les problèmes de recharge des appareils électroniques ».

explique la nouvelle docteure.

Un diagnostic partagé par la présidente du jury : « Elle répond à la problématique des cartables des étudiants et élèves, souvent trop lourds, ce qui, à la longue, altère la santé. »

Un bio-composite local pour combler un vide scientifique

La recherche met en évidence une limite dans la littérature internationale : les biocomposites latex/fibres végétales restent peu associés à des usages fonctionnels, tandis que les sacs dits “intelligents” reposent sur des matériaux classiques sans innovation structurelle.

Pour y remédier, la candidate a développé un bio-composite à base de latex naturel et de fibres d’Abelmoschus esculentus (gombo), ressource locale encore sous-exploitée.

Trois méthodes d’extraction ont été comparées : rouissage biologique, traitement chimique à la soude et voie combinée. Cette dernière a été évaluée via un plan d’expérience factoriel intégrant dix paramètres physico-chimiques et mécaniques. Les analyses montrent une réduction progressive de l’hémicellulose et de la lignine au profit d’une cellulose plus cristalline. La fibre retenue a ensuite été filée, tissée et associée au latex en deux variantes : noire et rouge.

Des performances techniques validées, mais encore expérimentales

Le matériau présente un module de Young compris entre 155 et 292 MPa et une contrainte maximale de 7,2 à 11,9 MPa, avec une imperméabilité totale. Des performances comparables à certains cuirs végétaux déjà présents sur le marché international.

Le sac intègre également trois sous-systèmes électroniques amovibles : recharge solaire, géolocalisation GPS/GSM et suivi biomécanique du poids et de la posture. Les travaux ont donné lieu à cinq publications scientifiques internationales et à une communication présentée au congrès CEMA’2026.

Un prototype prometteur… mais encore coûteux

À ce stade, le coût du sac sur le marché est estimé à 60 000 Fcfa, un prix encore élevé pour de nombreux étudiants. L’enjeu reste donc l’industrialisation à grande échelle afin de rendre ce produit accessible.

La docteure Nkoulou Nkoulou envisage ainsi une production élargie, au Cameroun et au-delà. Son co-directeur de thèse, le Pr Nneme Nneme Léandre, souligne pour sa part sa détermination : « Elle aime les défis et l’école. »

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