Par Hugo Fouquet
Alors que Gianni Infantino fait l’objet de critiques récurrentes dans plusieurs pays à la suite de certaines décisions et prises de position, la question de son éventuelle destitution revient régulièrement dans le débat public. Juridiquement, une telle procédure est possible, mais elle ne peut être engagée qu’à travers les organes compétents de la Fifa.
Les statuts de l’organisation confient au Congrès de la Fifa, qui réunit les 211 fédérations nationales membres, le pouvoir d’élire mais aussi de destituer le président. Une telle décision ne peut toutefois être prise qu’après l’inscription de cette question à l’ordre du jour d’un Congrès ordinaire ou extraordinaire, conformément aux procédures prévues par les textes.
Un Congrès extraordinaire peut notamment être convoqué à la demande d’au moins un cinquième des associations membres, soit 43 fédérations sur les 211 que compte la Fifa. Les associations disposent chacune d’une voix, et toute décision est ensuite soumise au vote selon les règles prévues par les statuts.
Par ailleurs, Gianni Infantino pourrait également être contraint de quitter ses fonctions à la suite d’une procédure disciplinaire. Le Comité d’éthique indépendant de la Fifa est habilité à enquêter sur d’éventuelles violations du Code d’éthique, notamment en matière de corruption, de conflits d’intérêts, d’abus de pouvoir ou d’atteinte à l’intégrité. En cas de manquement établi, il peut prononcer des sanctions pouvant aller jusqu’à une interdiction d’exercer toute activité liée au football.
En revanche, une campagne sur les réseaux sociaux, une pétition ou la contestation de supporters ne suffisent pas à elles seules pour provoquer le départ du président de la Fifa. Toute destitution doit impérativement respecter les procédures prévues par les statuts de l’organisation.
Élu pour la première fois en 2016 après la suspension de Sepp Blatter, Gianni Infantino a été reconduit à plusieurs reprises à la tête de la FIFA. À ce jour, aucune procédure officielle de destitution n’a été engagée contre lui.
